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RÉVOLUTIONNAIRE EN RUSSIE 6l
au travail. C'est la beauté même du travail, c'est le plaisir qu'on en reçoit. »
Ainsi, tout découle de la personne et tout se ramène à elle. La personne ne demande aucune tutelle, aucun guide, sauf celui de la science. En dehors de soi elle ne cherche ni soutien, ni but. Sans aborder les questions politiques au sens étroit du mot et ne s'attachant qu'à la question sociale, Pissarev pensait que celle-ci ne peut être résolue que par le prolétariat pensant, que le sort de cent millions de Russes se trouve entre les mains des prolétaires intellectuels, dont il voyait l'idéal en BazaroVk ce premier nihiliste littéraire, qui était le héros non seulement de Pissarev, mais de toute la jeunesse de cette époque.
Les théories fie Pissarev étaient très goûtées de la jeunesse et ses articles sur Moleschott et Darwin, sur le matérialisme et l'anéantissement des acquisitions du passé obtenaient un succès prodigieux. Pissarev aimait à répéter : « Ce qu'on peut briser il faut le briser. Ce qui supportera le choc est bon ; ce qui tombera en morceaux n'est que poussière. En tout cas, frappe à droite, frappe à gauche, il ne peut être de mal à cela. Le matérialisme le plus grossier devint ainsi la religion presque dominante de la classe instruite.
Mais le nihilisme, poussant cette doctrine jusqu'à ses» conclusions extrêmes, déclarait la guerre non seulement! aux traditions religieuses, à la famille, mais à tout ce qui n'était pas basé sur la raison pure < t positive, et arrivait logiquement à l'absurde. Ainsi les nihilistes niaient complètement l'art comme manifestation de 1 idéalisme et disaient volontiers qu' « un cordonnier esl supérieur à Raphaël, parce qu'il produit quelque i hose l'utile, tandis qu'un tableau de Raphaël n'esl l><>n a ri' n. La nature même, aux yeux des nihilistes, n'était qu< matièn pour la chimie et la technique . La nature n'est pas un temple mais un laboratoire, et L'homme en elle est un ouvrier » dit le héros de Tourgueniev, Bazarov,
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