‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 103 sur 173 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

rienne ? 2° Convient-il de nommer dès à présent une commission chargée de rédiger un projet d'organisation pour celte église ou ces églises? Dans le cas où cette seconde question serait résolue affirmativement, la commission devait être immédiatement nommée

La conférence convoquée par la circulaire de M. Dnpples eut effectivement lieu aux jour et lieu indiqués. On y reconnut que le fondement était ébranlé, mais que l'opinion publique se prononçait pour le maintien de la doctrine évangélique. Toutefois le peuple n'étant pas assez éclairé, il fallait parler et écrire. On se demanda : « Qu'avons-nous à faire maintenant pour que notre église ne succombe pas sous les coups de ses adversaires? » On discuta beaucoup, malheureusement sans arriver à autre chose qu'à des mesures impuissantes, telles que réimpression de la confession de foi, ou plutôt, résumé des articles présentés d'une manière plus liée; publication de brochures, etc. Par ces divers moyens, on pensait contribuer à défendre la liberté de l'église menacée par le projet d'une église purement gouvernementale.

Celte première réunion des conférences fraternelles fut suivie d'une seconde, tenue le 7 mai, également à l'Oratoire de Lausanne, et dans laquelle on prit connaissance de la rédaction d'une série d'articles tirés de la confession de foi qu'on décida d'envoyer aux pasteurs et aux classes. On y entendit ensuite un rapport historique de M. Dapples sur l'état actuel de la question religieuse dans le pays, et l'on s'ajourna au 19 juin. Ce jour-là, paraît-il, la préface et les passages que l'on avait songé à ajouter aux extraits de la confession n'étant pas prêts, on se borna à écrire au clergé zurichois une adresse de félicitation à propos de sa conduite dans l'affaire du docteur Strauss. L'appel adressé à ce dernier par le gouvernement de Zurich en

1 Narrateur religieux, N° 118, 4 avril 1839.

qualité de professeur de théologie avait provoqué les protestations indignées des pasteurs1. Quant aux conférences fraternelles, il semble qu'à partir de ce moment elles aient renoncé à exercer quelque action positive. En tout cas, les moyens jusqu'ici proposés par elles étaient bien peu de nature à provoquer une puissante réaction contre l'énergie brutale mais clairvoyante et persévérante d'un parti qui avait à sa disposition des armes, déloyales à la vérité, mais tout autrement propres à frapper les masses ignorantes et facilement fanatisées. Ceux qui, du dehors, suivaient avec sympathie les phases par lesquelles passait l'église vaudoise, ne pouvaient être que péniblement impressionnés. Plusieurs d'entre eux, ne comprenant pas la vraie position du clergé, le blâmaient plus qu'il n'était juste de le faire ; ils l'accusaient de se revêtir d'une couche de méthodisme et de repousser ainsi dans le scepticisme les amis de la lumière et de la vérité. Cependant on s'élevait avec indignation contre les complots évidents des prétendus philosophes vaudois contre l'église nationale qu'ils poussaient à un complet renversement. En de pareilles mains, disait-on, la loi qui aurait introduit les laïques dans les corps de l'église eût amené un bouleversement désastreux. Le statu quo serait encore ce qu'il y aurait de moins fâcheux et de meilleur2.

C'est sur ces entrefaites que s'ouvrit, aux premiers jours de mai, la session de printemps du grand conseil. Celte session devant avoir quelque influence sur la loi ecclésiastique alors en préparation, des pétitions arrivèrent immédiatement sur le bureau. Elles demandaient le rejet du projet de loi, et ce que l'on

1 Actes des conférences fraternelles.

* Lettre du professeur C , de Genève, à M. J. G , de Lausanne. 22 avril 1839.

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