‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 117 sur 173 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

<entin qu'ils s'adressent à une assemblée généralement pénétrée du désir du bien public et d'amour pour les institutions que le pays s'est données,

Supplient le grand conseil du canton de Vaud de réformer, dans le second débat, les décisions qu'il a prises dans le premier, et de manifester son respect pour la constitution, en maintenant la confession de foi helvétique, comme règle d'enseignement des pasteurs de l'église nationale.

Si les soussignés n'obtenaient pas l'objet de leur demande, ils se seraient au moins déchargés de leur part de responsabilité que leur silence ferait peser sur eux, dans le cas où l'atteinte portée à la constitution et la subversion des bases de l'église nationale auraient pour le pays des conséquences religieuses et politiques qu'ils détournent de tous leurs vœux.

Autre pétition de La vaux.

Messieurs ,

La décision que vous avez prise en janvier dernier, et qui vient d'être renouvelée en premier débat, concernant la confession de foi, a jeté l'alarme dans beaucoup de consciences, et en quelque sorte le trouble dans le pays. Aussi les soussignés, saisis de crainte à la vue de la ruine de la religion, qui va en être la conséquence, et des maux qui menacent le pays, viennent vous exposer très respectueusement leurs craintes et leurs vœux.

S'il est une chose qui doive intéresser tout citoyen chrétien ami de «on pays, c'est sans doute ce qui touche à ce qui peut faire son bonheur dans ce monde et dans l'autre, à la religion, car sans elle point de moralité, et sans moralité point de paix et point d'ordre, et sans ordre et «ans paix point de liberté et de bonheur.

Nous ne nous tairons donc point à la vue du danger qui menace chez nous la religion de notre bien -aimé Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, religion qui a fait le bonheur de nos pères, durant trois siècles, et qui fait le nôtre, mais nous parlerons quoi qu'il puisse en advenir, et malgré les sarcasmes de l'incrédulité, certains de remplir un devoir de conscience.

A notre avis, la confession de foi, dont nous connaissons toutes les doctrines et que plusieurs des soussignés ont bien lue et méditée, est bonne et conforme à la Parole de Dieu, et n'y ayant rien de contraire ; par conséquent utile et même nécessaire et indispensable, nou pas

comme règle de foi mais comme expression de notre foi, comme symbole, ainsi que pour nous distinguer des catholiques, pour arrêter les sectes et les schismes, pour garantir les ministres contre des inculpations mal fondées, et pour être une barrière contre les doctrines funestes qu'ils pourraient bien un jour faire revivre. Mettons-la de côté, il n'y aura plus de bornes à l'esprit de secte ; plus rien qui nous distingue des autres églises, plus de garanties pour les ministres, et bientôt on verra autant d'églises que de paroisses. De là des désordres, des disputes, des plaintes sans fin. Ne serait-ce pas se montrer ennemi de son pays que de vouloir un tel état de choses, que de vouloir décidément nous enlever ce drapeau ! Qu'on y pense bien, cette fâcheuse discussion n'a déjà porté que trop de mauvais fruits. Dieu sait combien d'incrédules elle a enfantés ou fortifiés, les scandales qu'elle a causés. Pour nous, ce que nous savons, c'est que l'irréligion s'en fortifiera, et que le désordre et la licence en seront les suites funestes. Qu'on y pense bien encore, lorsque le peuple n'aura plus de religion, ou n'aura plus qu'une religion à sa façon, comme l'a fort bien dit le grand Frédéric : « les magistrats ne seront guère solidement assis sur leurs sièges. >

A notre avis, le grand conseil s'est placé dans une fausse position, en s'occupant de matières religieuses. Quelques opinions émises dans ce corps, déversant le doute sur l'authenticité des doctrines évangéliques, ne peuvent que faire un grand tort parmi le peuple. D'ailleurs le grand conseil veut-il s'ériger en réformateur? Lors même qu'il le voudrait, en aurait-il le droit? c'est ce qui reste à examiner. Pour nous, nous ne le pensons pas, car l'article 9 de la constitution garantit Véglise nationale évangélique réformée dans son intégrité ; et aucun changement ne peut avoir lieu à ce pacte qu'il ne soit soumis à l'approbation du peuple. Or par intégrité nous entendons que l'église doit rester, quant à la doctrine, telle qu'elle a été depuis trois siècles, telle qu'elle est caractérisée par la confession de foi helvétique. Si des changements devaient avoir lieu dans sa doctrine, le peuple souverain devrait être consulté et son approbation réservée.

Si quelques citoyens n'en veulent plus, qu'ils s'en passent, personne ne peut ni ne veut les en empêcher; mais de l'enlever aux autres, à la majorité du peuple, c'est ce que nous leur contestons et leur contesterons toujours. Pourront-ils, ces quelques citoyens, donner leur opinion pour règle à 183 000 individus? nous ne le pensons pas. Si notre peuple était consulté, et qu'il fût éclairé sur les changements qu'on paraît vouloir faire subir à sa religion, il n'aurait qu'une voix pour conserver ce qui existe. Si jusqu'à

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