‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 118 sur 173 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

présent il n'a manifesté sa volonté que d'une manière partielle (quoique les 12 000 signatures de l'année dernière ne puissent être passées sous silence), c'est que les ennemis de la religion de nos pères ont eu grand soin d'entretenir chez lui de la défiance contre les prétendues doctrines mômières, dont ils croient voir la base et l'appui dans la confession de foi. Mais qu'on examine la confession, qu'on la compare avec la Bible, et alors qu'on nous dise que c'est du méthodisme et de la mômerie, à moins qu'on ne rejette toute l'Ecriture. Quoi! la confession helvétique qui date de trois siècles, à laquelle les églises protestantes de France, d'Allemagne, d'Angleterre, d'Ecosse, de Hongrie, de Pologne et de Hollande ont donné leur approbation, serait de la mômerie, dont le nom n'est connu que d'aujourd'hui! Quoi! tous nos pères et les réformateurs aussi auraient été des mômiers! Tous les réformés qui admettent cette confession ( et le nombre n'en est pas petit ) le seraient aussi, jusqu'à ce que quelques citoyens vaudois les éclairent! Quelles inconséquences et quelles folles prétentions! Bienheureux le pays qui compterait dans son sein beaucoup d'hommes animés de l'esprit de l'Evangile et de nos bien-aimés réformateurs!

Nous ne contestons pas au grand conseil le droit d'organiser l'église ; mais pour ce qui concerne les doctrines, nous ne saurions lui reconnaître le droit de les modifier, car il pourrait être composé, un jour, d'individus de toute religion, puisque pour être éligible la loi ne demande pas que le citoyen soit chrétien réformé ; et pourtant pour régler les intérêts d'une société, il faut en être membre. Et n'avons-nous pas déjà dans le grand conseil des citoyens catholiques? Sont -ils bien placés pour délibérer sur cette matière?

Nous formons donc les vœux suivants, vous priant de les prendre en due considération.

1° Nous demandons avec la majorité des Vaudois que la confession helvétique soit conservée, et ainsi que l'église nationale soit maintenue dans son intégrité.

2° Qu'il soit statué qu'aucun changement ne peut être apporté à tout ce qui tient à nos livres symboliques, et par conséquent à tout ce qui tient à la religion, qu'il ne soit préalablement soumis à la sanction du peuple souverain.

3° Que l'église soit reconnue indépendante pour ce qui concerne la doctrine.

4° Qu'en conséquence, pour tout ce qui concerne le dogme et la confection de nos livres d'enseignement religieux, un corps indépendant de

l'état soit constitué, composé de laïques et d'ecclésiastiques à la nomination du peuple et des classes.

5° Enfin que, dans tous les corps constitués, il soit interdit d'attenter à l'authenticité de la Parole de Dieu, d'y jeter du blâme, et de prononcer des opinions qui pourraient affaiblir la croyance qu'on lui doit, et cela pour éviter la répétition du scandale de l'automne dernier.

Ce ne sera que par l'admission de ces garanties, ou d'autres équivalentes, que les soussignés pourront être rassurés sur le sort de leur sainte religion et sur l'avenir de leurs enfants; aussi ils prient le grand conseil de vouloir les discuter mûrement, et d'y avoir égard autant que la gravité de la chose le demande. En attendant cela de sa justice et de sa sagesse, ils l'accompagnent de tous leurs vœux, et prient le Dieu de toute lumière et de tout don parfait de le diriger dans cette œuvre importante.

Ils vous prient aussi, messieurs, d'agréer l'assurance de leurs humbles respects.

Lavaux, ce 2 décembre 1839.

(Suivent les signatures. La seule petite paroisse de Villette en a fourni 8i.)

Autre pétition autographiée.

Messieurs,

Les soussignés, membres de l'église nationale du canton de Vaud, ont vu avec peine que vous fermassiez les yeux sur l'article 9 de la constitution. Cet article dit que notre église est évangélique réformée, qu'elle est maintenue et garantie dans son intégrité, et que la loi règle les rapports de Vètat avec V église.

Au lieu de vous borner à régler ces rapports, vous avez attaqué l'intégrité de l'église, en condamnant sa doctrine.

Or, il faut que vous sachiez, messieurs, que nous tenons fermement à la religion évangélique réformée, dans laquelle nous sommes nés, et dans laquelle nous voulons mourir. C'est la religion de nos pères que nous voulons, et non pas une autre. Elle les a consolés dans leurs afflictions, et soutenus à l'heure de la mort. Nous voulons garder pour nous et pour nos enfants ce trésor précieux. Nos pères nous l'ont transmis avec la Bible, dans la confession de foi helvétique; cette confession exprime à nos yeux le véritable sens de l'Evangile. C'est pourquoi les

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