‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 122 sur 173 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

extrêmes qui, se confiant l'une et l'autre dans leur force, agissent à l'exclusion des vues plus modérées; quoiqu'ils pussent, en conséquence, redouter de faire entendre leur voix plus calme et isolée, ils ont cru cependant, étrangers qu'ils sont aux partis, devoir exprimer leur pensée dans cette grave conjoncture.

Ils viennent donc, avec tout le respect et toute l'affection qu'ils ont pour les conseils de leur pays, vous présenter une protestation et une requête.

Photestation

Si nous en devons croire le Nouvelliste vaudois du 15 novembre 1839, la commission du grand conseil propose une nouvelle formule du serment, à la lin de laquelle se trouvent ces mots : « Et de me conformer dans mon enseignement à la croyance de l'église nationale évangélique réformée.» L'article du journal, expliquant cette pensée, dit entre autres: « Cette croyance, on ne la cherchera point dans les écrits oubliés des siècles passés, mais dans les idées et les sentiments des membres qui composent actuellement notre église nationale, c'est-à-dire dans la conscience de l'église vivante. Cette croyance pourra se trouver exprimée ■dans le catéchisme et la liturgie, s'ils ont été révisés et mis en harmonie avec les idées actuelles de l'église, c'est-à-dire s'ils sont conformes à la manière dont la majorité de l'église actuelle entend la Parole de Dieu. »

On nous représente cette nouveauté comme un progrès et une liberté; nous ne pouvons l'envisager que comme une porte ouverte à la licence -d'un côté et à l'oppression de l'autre. On a soin, il est vrai, d'associer cette promesse de subordination envers l'opinion de la majorité de l'église, à la promesse de prêcher la Parole de Dieu dans sa pureté et son intégrité, mais cette association nous paraît fondée sur un principe contraire aux déclarations de la Bible. Car si la Bible nous laisse entendre qu'une majorité peut se former en faveur de la vérité, comme d'ailleurs cela s'est vu plus d'une fois, elle nous dit peut-être plus expressément encore que l'église peut en majorité tomber dans l'infidélité, comme il arriva, par exemple, aux jours d'Elie ou de Jérémie. Dans ces cas, il est évident que la majorité ne doit compter pour rien, et que la pureté et l'intégrité de la Parole de Dieu ne sont que du côté des imitateurs de Jérémie et d'Elie.

On nous annonce que cette croyance de l'église, établie comme règle « positive et impérative, » pourra être exprimée par le catéchisme et la liturgie révisés. Mais n'est-ce pas mettre une nouvelle confession à la place de celle qu'on repousse, et tomber dans une sensible inconséquence?

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