‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 123 sur 173 · MOL'YEM. RELIG. IV · texte numérisé non relu

MOL'YEM. RELIG. IV

La nouvelle espèce de confession de foi est à préférer, dit-on, comme étant de sa nature variable; mais quel homme de bonne conscience peut s'engager d'avance à suivre les variations de ces catéchismes et de ces liturgies successivement modifiés? Et quelle confusion et quelle tyrannie, si chaque fois qu'une vue nouvelle prévaudra, il faut que la majorité ait à sévir contre des ministres d'ailleurs dévoués à leur Maître et fidèles à sa parole? On peut accepter ou refuser une exposition de doctrine connue; on ne peut se lier à l'inconnu. On peut reconnaître un droit de la majorité dans des questions extérieures; on ne le peut en matière de foi- Nous donc, citoyens d'un pays libre, membres et ministres de l'église nationale du canton du Vaud, nous déclarons que nous continuerons à remplir dans cette église les devoirs de notre saint ministère, aux termes du serment que nous avons prêté en connaissance de cause, mais que nous protestons d'avance contre l'article susmentionné du serment proposé par votre commission, ainsi que contre toute discipline en matière de doctrine, établie sur des bases vagues et arbitraires, à laquelle on voudrait nous soumettre.

Requête

Si le canton de Vaud n'a cessé de faire des progrès quant au bien-être matériel de ses habitants, on ne peut disconvenir, qu'envisagé du point de vue moral et politique, l'état de notre patrie ne présente plusieurs symptômes de nature à nous alarmer. Les autorités constituées perdent de jour en jour de la considération qui leur est due ; le mépris de la justice publique multiplie les attentats; une inquiétude vague se répand dans les esprits. Cet état de choses, messieurs, n'a sans doute pas échappé à votre attention; vous redouteriez d'accroître le mal, et vous vous occuperez bien plutôt avec sollicitude des remèdes à lui opposer, afin de le guérir. Mais pour atteindre ce but désirable, pour assurer à l'autorité la force légitime qui lui est nécessaire, pour produire cette confiance et cette douce harmonie dont notre pays a joui précédemment, et dont il a si fort besoin pour son propre bonheur et par l'effet de sa position en face de voisins puissants et plus ou moins dangereux, n'est-il pas important que la représentation nationale, calme et digne, se tienne en garde contre les vues extrêmes, toujours irritantes pour le parti opposé et contre toutes les causes qui, tendant à nous diviser profondément, propagent l'inquiétude et perpétuent l'agitation?

Or, à nos yeux, une de ces causes de trouble gît en ce que le grand conseil s'est laissé entraîner à côté de sa mission. Dans le système d'une

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