L. Germond, pasteur à Yvonand
Sam. Thomas, ministre à Yverdon.
Pétition des darnes de Lulry.
5 décembre IS39.
Messieurs,
Depuis trois siècles, la religion est professée dans sa pureté par les églises de notre canton, et les doctrines de cette religion sainte sont enseignées dans la confession de foi helvétique. Un certain nombre de personnes ont envie d'abolir cette règle d'enseignement et assurent qu'elles veulent perfectionner la religion de notre pays. Or, très honorés messieurs, nous nous détions de ces perfectionnements, et nous préférons <e que nous connaissons à ce que nous ne connaissons pas. et nous pensons que la religion de notr^ pays est bonne, qu'il ne faut rien y changer, et nous demandons instamment que la confession de foi ne soit pas aboiie.
P.iyeme, 9 décembre 1839.
Messieurs,
Lorsqu'il s'est agi, dans le sein du grand conseil, de discuter la conservation ou le rejet de la confession de foi helvétique, nous avons cru devoir laisser agir les ministres de notre église, parce que cela les regardait plus particulièrement, vu leur serment et la nature de ce livre. En effet, la confession de foi n'a pas été faite pour être populaire, nous le savons; elle est le catéchisme de nos prédicateurs, et elle est destinée à les guider dans leurs prédications, bien plus qu'à édifier les fidèles.
Mais, maintenant que nous avons vu le grand conseil, à la majorité de douze voix, décider, en abolissant la confession de foi, qu'il ne voulait plus qu'on prêchât au peuple comme on lui a prêché jusqu'à présent, nous croirions nous manquer à nous-mêmes, et surtout manquer à nos enfants qui hériteront de nos institutions, si nous gardions plus longtemps le silence, et si nous n'ajoutions pas notre protestation à celle que plusieurs députés ont faite dans votre conseil.
Messieurs, nous déclarons que la confession de foi helvétique nous est connue par la prédication de nos ministres, et qu'en voulant l'intégrité de l'église nationale, nous avons entendu qu'on nous prêchât les mêmes vérités qu'on nous a prêchées jusqu'ici, ces vérités qui sont la pure doctrine de l'Evangile.
Nous déclarons qu'en 1831, nous nous sommes élevés avec force contre toute institution qui favoriserait les sectes et les divisions dans l'église; que, par conséquent, nous n'avons pas voulu la liberté de prédication; que c'est même la dernière liberté que nous réclamerions pour notre église, certains que, du moment que cette liberté serait obtenue, du moment que nos ministres pourraient, du haut de la chaire, nous prêcher toute espèce de doctrine, tout en prétendant suivre la parole de Dieu, l'église nationale aurait cessé d'exister.
Or en nous fondant sur ces déclarations et considérant :
1° Que le retranchement de notre formulaire de prédication ouvre la porte de notre église à toutes les sectes et à toutes les divisions.
2° Que l'institution d'un jury, par lequel vous vous proposez de remplacer la confession, ne pourra jamais être qu'une règle de foi incertaine et variable d'un jour à l'autre; que cette institution ne nous offre aucune garantie pour l'avenir, bien plus, qu'elle tend à rabaisser la religion à notre niveau, au lieu de nous élever jusqu'à elle.
Nous regardons, messieurs, l'abrogation de la confession de foi, et l'institution d'un jury, comme un grand malheur pour notre église, et nous