‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 128 sur 173 · CHAPITRE IV. 2G · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 2G

se réjouissait à la pensée que ce tribunal ne fonctionnerait pas. 3° A l'égard de la séparation établie dans la loi entre la carrière de l'instruction publique et celle du ministère religieux. Les collèges et les écoles moyennes s'en ressentiraient d'une mamière fâcheuse Mais M. Gindroz acceptait l'église telle qu'elle sortait du projet, parce qu'elle rappelait l'église ancienne par son union avec l'état, dont la part avait été faite avec sagesse. L'Evangile de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ pourrait être encore annoncé dans toute sa divine pureté. Enfin, l'état actuel du pays inquiétait M. Gindroz, et celui-ci estimait que son devoir de député l'appelait à rendre le calme à son pays.

Pour la troisième fois donc le grand conseil vota l'abolition de la confession de foi. 25 voix seulement contre 93 se prononcèrent pour le maintien du formulaire doctrinal de l'ancienne église vaudoise, de l'église de la information. Ces voix étaient celles de MM. Berger, Meylan, Henri, Durand, Apothéloz, Paris, Duuillard, de Tregtorrens, Detraz, Monnord, prof., Gui* guer, Pidou, Rivier, Forel Aug., Bond Charles, Monod, des Ormonts, MarUUaz, Georges F.-L., de Constant, Cottier, Leg- >raz. Melleg, de Joffreg, Forel Alexis, Correvon.

Au dernier jour, le nombre des pétitionnaires qui demandaient le maintien de la confession de foi s'était élevé au chilïre de 9954 ; celui des adversaires de la confession à 9970, soit, en tout, à près de 20000 citoyens. Quel bien espérer, pour l'avenir de la patrie, d'une loi contre laquelle s'étaient élevés près de 10000 citoyens1? Et, d'un autre côté, en présence de deux manifestations contradictoires qui s'équilibraient d une manière si étonnante, l'honorable général Guiguer n'était-il pas autorisé à s'écrier dans le sein du grand conseil: « Dans cet état de doute, vous ne voudriez pas en appeler au peuple!.... Je vous conjure, messieurs, consultez le peuple vaudois ! »

1 « Les fonctions de pasteur sont incompatibles avec tout autre emploi public » (Loi du 11 décembre 1859. art. 37.)

La nouvelle loi ecclésiastique prit la date du i4 décembre 1839, jour où elle fut définitivement adoptée par le grand conseil et promulguée par le conseil d'état pour être exécutée dans tout son contenu.... Le président du grand conseil était M. L. Demiéville, le président du conseil d'état, M. A. Jaquet.

Le drame qui s'était joué durant plusieurs jours dans la salle du grand conseil venait de se terminer. Après une douloureuse agonie, la confession de foi helvétique avait succombé, et le vote fatal qui avait décidé de sa suppression pouvait être envisagé comme un premier acte d'hostilité publique contre le christianisme positif. A ce vote avait répondu la joie manifestée par la partie la moins honorable de la population. Parmi le clergé, la consternation fut grande, et elle fut générale chez les membres vivants de l'église nationale. Il ne fallait pas un grand effort de mémoire pour se rappeler que les meneurs du parti vainqueur n'avaient cessé de déclarer, dans leurs journaux et dans leurs discours, que c'était bien aux doctrines de la confession de foi qu'ils en voulaient, qu'il fallait désormais un autre christianisme, un christianisme progressif et plus pur. Et quant on se souvenait que le clergé en masse avait été flétri, ou, si l'on veut, honoré du nom de méthodiste, synonyme adouci de celui de mômier ; qu'on ne lui avait pas épargné les épithètes plus méchantes encore de pharisiens et de jésuites, assurément cela donnait à penser. Le jour n'arriverait-il pas où la formule nouvelle du serment serait envisagée comme ayant été essentiellement dirigée contre les pasteurs qu'on nommait méthodistes et, en apportant, s'il le fallait, des modifications à la loi, ne trouverait-on pas le moyen de faire façon de ceux d'entre eux dont la doctrine déplairait? Le langage des hommes du Nouvelliste était- il peut-être propre à rassurer sur les éventua-

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