‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 13 sur 173 · CHAPITRE II L'école · texte numérisé non relu

CHAPITRE II L'école

article ier. l'école normale et l'instruction primaire.

L'instruction publique dans le canton de Vaud avant 1830. — Les décrets de 1832 et de 1833 relatifs à une école normale pour les régents. — Ouverture de l'école.

— Le directeur Gauthey. — Premiers résultats encourageants. — Le décret de 1835. — L'école normale des institutrices. — Mlle Cornélie Chavannef;, directrice.

— L'école modèle et M. L. Rambert. — Accusations de méthodisme dirigées contre l'école normale et son directeur. — Discussion sur ce point dans le grand conseil.

— Réorganisation des écoles primaires. — Exposé des motifs de la loi de 1834.

— La loi et l'enseignement religieux. — La liberté religieuse garantie.

Déjà sous le régime de la république helvétique, l'instruction publique, en Suisse, avait été l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement central. Le ministre des arts et sciences, M. Stapfer, homme d'un esprit élevé, avait compris que le vrai moyen d'asseoir solidement les institutions nouvelles était de populariser l'instruction sur la base d'une saine éducation. Il y mit tous ses soins. Mais les malheurs du temps compromirent plus d'une fois et gravement la réussite de si généreux efforts. La république helvétique n'était sur le sol suisse qu'une apparition éphémère, et le calme, condition première du succès, manquait absolument. La période de l'acte de médiation n'était guère plus favorable aux travaux de la paix. Tout était à créer et les ressources faisaient défaut. Bien plus, les esprits étaient distraits, absorbés par les grands événements qui agitaient l'Europe et dont la Suisse ressentait le contrecoup. La loi vaudoise de 1806 sur l'instruction publique ne fut en réalité que la consécration de ce qui se pratiquait déjà; elle provoqua cependant d'utiles améliorations et ouvrit des

perspectives nouvelles. C'est dans ce temps aussi que Pestalozzi ouvrait son institut à Yverdon et que l'influence du père Girard commençait à se faire sentir, même parmi nous.

Malgré quelques progrès, cet état de choses dura jusqu'à la révolution de 1830. Cet événement, qui appela aux affaires des hommes distingués, donna à l'instruction publique une impulsion toute nouvelle. Les hommes que l'on surnomma plus tard avec quelque ironie les doctrinaires, s'efforcèrent de faire dominer dans l'instruction du peuple un élément, sinon inconnu, du moins trop peu accentué jusqu'alors, l'élément d'un christianisme vivant et actif. De là une série de lois destinées à modifier profondément le système tout entier. C'est l'influence de cet élément dans l'instruction publique, et les oppositions que souleva en divers temps la part qui lui était faite, que nous avons maintenant à étudier. Nous nous occuperons successivement de l'école normale des régents et de l'enseignement primaire, des collèges-écoles moyennes, du gymnase, enfin de l'académie.

L'absolue nécessité de posséder un corps enseignant capable et offrant toutes garanties pour l'éducation de la jeunesse du pays, se fit sentir dès l'abord aux hommes du gouvernement et aux législateurs. Déjà, il est vrai, la loi de 1806 avait décrété la formation d'un « institut pour les régents, où les citoyens qui se vouent à desservir les écoles recevraient l'instruction nécessaire pour remplir cette vocation. » Déjà, en 4811, une loi avait organisé l'institut et un règlement avait déterminé la marche que suivrait cet établissement. Mais la loi de 1811, comme celle de 1806, était demeurée lettre morte. Enfin, le 2 décembre 1832, le conseil d'état proposa au grand conseil un décret qui allouait une somme de dix mille francs (de Suisse)

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