‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 137 sur 173 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

ment, et sur une motion du colloque de Nyon, la question de savoir s'il y aurait lieu d'adresser en son nom et aux églises de son ressort une lettre, déclaration ou profession quelconque de principes, à l'occasion et au moment de la mise à exécution de la nouvelle loi ecclésiastique.

Les motifs invoqués à l'appui de cette proposition étaient entre autres : 1° Qu'un corps de pasteurs doit pouvoir s'adresser aux membres des églises dirigées par ces pasteurs, bien que cela ne se fût pas fait jusqu'ici. Que cela est en place, convenable, propre à édifier, et que cela resserre les liens entre les conducteurs spirituels et les personnes qu'ils dirigent. — 2° Que ce droit ou ce devoir d'une assemblée de pasteurs se présentait surtout comme tel au moment d'une nouvelle organisation ecclésiastique. — 3° Que le pouvoir civil ayant promulgué la loi, cette loi était encore inconnue à beaucoup de membres de l'église, et que le clergé, en l'annonçant sous le point de vue religieux, la ferait mieux connaître. — 4° Que l'église vandoise ayant été dépouillée des garanties qu'elle avait quant à la fidélité et à la pureté de la doctrine, et cela à lïnsu de ses membres, ou de l'immense majorité d'entre eux qui l'ignoraient encore, les pasteurs seraient de connivence dans cette spoliation, s'ils n'en avertissaient pas les membres de l'église. — 5° Qu'enfin ce qui est relatif à la doctrine étant du ressort des conducteurs de l'église, une loi qui touche à cette doctrine doit aussi être annoncée par le corps des pasteurs, à moins que ceux-ci n'abandonnent au pouvoir civil ce dépôt dont ils rendront compte à Dieu.

Cette proposition, appuyée par quelques pasteurs, combattue par d'autres, fut repoussée par l'assemblée, qui rejet,) également l idée de la renvoyer à une commission.

La classe lYYvcrdon et Orbe ne s'occupa, serâble-t-il, en aucune façon, des graves questions qui préoccupaient à si juste titre les trois autres classes.

A l'occasion de la repourvue d'un poste de pasteur, la classe de Lausanne et Vevey se réunit de nouveau le 23 septembre et, à cette occasion, elle entendit un rapport sur la motion faite dans sa précédente séance par M. le professeur Vinet. La commission chargée d'examiner cette motion s'était divisée en une majorité de trois membres (MM. Marquis, Colomb et Vinet) qui en conseillait l'adoption, et en deux minorités (MM. Dufournet et V. Mellet) qui, par des motifs diamétralement opposés, repoussaient la motion.

La majorité delà commission, par l'organe de M. le pasteur Marquis, engageait la classe à demander au législateur la suppression du jury de doctrine, sans parler du rétablissement de la confession de foi comme règle d'enseignement. A l'appui de sa motion, M. Vinet avait préparé un mémoire dont la classe prit connaissance et dont nous donnerons ici quelques extraits.

Ce n'était pas la seule institution du jury qui, dans la loi ecclésiastique, répugnait à M. Vinet; il y avait dans cette loi bien d'autres dispositions qui lui étaient antipathiques, et avant tout le principe même de la loi. Il comprenait toutefois qu'en adoptant le principe de la loi, on en adoptât l'ensemble et toutes les principales dispositions : mais le jury était en dehors du système; le jury était mauvais dans tous les systèmes; il imposait aux ministres un rôle auquel, dans aucun système, ils ne peuvent se prêter : voilà pourquoi l'auteur de la motion s'était attaché à cet objet entre tous. — On savait ce que la classe pensait de la suppression du symbole, on ne savait pas ce qu'elle pensait du jury; il était bon qu'on le sût : c'était tout ce que M. Vinet demandait. La loi faisait, au moyen du jury, rentrer le clergé dans l'ornière du catholicisme, où le clergé

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