CHAPITRE V
ennemis. C'est là assurément une chose fort étrange, et un principe qui ne peut être défendu ni par le raisonnement ni par la Parole de Dieu.
Cette loi doit en conséquence inspirer à tout homme religieux de justes appréhensions sur l'avenir de notre église nationale. Elle doit surtout inspirer les plus vives craintes aux pasteurs, qui peuvent s'attendre à voir modifier dans un sens opposé à l'Evangile nos liturgies et nos livres d'enseignement.
Elle nous place sous le même régime qui a produit en France l'abolition du dimanche, le culte de la Raison et la clôture des temples. Cette loi une fois en vigueur, l'église privilégiée et favorisée dans notre canton se trouvera être l'église catholique romaine, puisqu'elle conservera, sans craindre de les voir altérer, sa doctrine et son culte, tout en recevant pour ses pasteurs un salaire de l'état. La constitution garantissait l'intégrité de l'église réformée et la loi ne garantit que l'intégrité de l'église catholique.