CHAPITRE V
MM. Ler esche, pasteur à Vufflens-la-ville, Tarisse, pasleur. Gaudard, pasteur, Mcstral, pasteur, et Zimmer, pasleur. La classe elle-même avait refusé par 11 voix contre 5 d'adhérer à la déclaration ci-dessus. Elle avait pris connaissance d'une lettre de M. le pasteur L. Burnier qui annonçait sa détermination de ne pas s'associer aux travaux de la classe, parce que ses principes ne lui permettaient pas de participer à la mise à exécution de la nouvelle loi1.
Dans la classe de Payerne et Moudon, IL le pasteur Godiez, après avoir exposé les motifs de conscience qui l'empêchaient de prendre part désormais aux travaux de la classe, fut dispensé de siéger. Plus tard, la classe déclara adhérer en ces termes à la démarche faite par celle de Lausanne relativement au principe de la loi de 1839 : « La classe, tout en concourant, pour ce qui la concerne, à l'exécution de la loi du 14 décembre 1839, ne peut que déplorer que cette loi ait consacré en principe que le pouvoir civil a le droit de prononcer en matière de doctrine, et elle hâte de ses vœux le moment où ce principe sera changé'. »
A notre connaissance, la classe (YOrbe et Y ver don s'abstint de toute démonstration contre la loi.
Au moment où la nouvelle loi ecclésiastique avait été promulguée, M. le professeur Vinet, membre de la classe de Lausanne, avait été vivement préoccupé. Il ne se faisait pas scrupule d'appartenir à une église nationale ; il s'y trouvait à l'aise ; les questions du mélange, de la discipline, de la cène, etc., ne le troublaient point; il éprouvait même un certain éloignement pour le principe comme pour le fait du séparatisme. Seule-
* Actes de ta classe de Moryes et A* //on, 25 novembre 1840.
• Actes de la classe de Payerne et Moudon, 14 janvier 1841.
ment, partisan du principe des églises de multitude, il aurait voulu y joindre le principe de la libre adhésion. Aussi longtemps donc qu'il le put, il conserva l'espoir que l'église, malgré son union avec l'état, pouvait obtenir une certaine indépendance. Mais l'expérience faite déjà en 1838 exerça sur lui une influence décisive. Il se demanda si, lui, qui avait plaidé si énergiquement la cause delà séparation de l'église et de l'état, il ne risquait pas de scandaliser en demeurant dans une église unie à l'état? Il s'en ouvrit à son ami, M. le professeur Ghappuis, qui chercha à lever ses scrupules à cet égard, en lui disant que beaucoup d'hommes, — témoin M. Fabre, lequel en qualité de professeur enseignait cette théorie, — voyaient comme lui en principe et ne se croyaient pourtant pas obligés de quitter l'église nationale. Plus tard, les scrupules de Vinet reparurent plus forts que jamais et l'emportèrent. C'est alors (1839) qu'il exprima sa conviction au sujet de la nécessité pressante de la séparation, dans un ouvrage couronné par la Société de la morale chrétienne de Paris et publié en 1842 sous ce titre : De la manifestation des convictions religieuses. Enfin, le 23 novembre 1840, M. Vinet adressa à la classe de Lausanne une lettre dans laquelle il déclarait renoncer à sa qualité de membre de classe, qualité qu'il trouvait inconciliable avec ses principes sur la convenance de la séparation de l'église et de l'état. Toutefois M. Vinet ne se séparait point de l'église nationale, dont le culte et la doctrine le satisfaisaient entièrement, et il ne manifestait aucune tendance au séparatisme. Il conservait sa qualité de ministre du saint Evangile, parce qu'en ce temps-là, quitter les rangs du clergé national, ce n'était pas être envisagé comme perdant son caractère ecclésiastique, selon la pratique qui devait être suivie plus tard par le régime de 1845. M. Vinet s'expliqua du reste lui-même sur ce sujet, d'une manière très catégorique, dans une lettre adressée par lui au Nouvelliste vaudois qui avait mal exposé le fait de cette démission. La conviction « toujours plus