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La loi, dont la préparation avait été si laborieuse, et dont les débuts soulevaient tant d'opposition, allait donc entrer en vigueur dès le 1er janvier 1841. Nous dirons plus tard ce que fut le régime de cette loi et ses déplorables conséquences pour l'église et pour le pays. Mais nous pouvons, dès à présent, rendre témoignage à la sagesse et à la modération dont le conseil d'état fît preuve à une époque aussi critique et en face de difficultés aussi nombreuses. L'autorité supérieure, comprenant de quelle importance il était de rassurer les pasteurs, l'église et le pays, avait, déjà au mois de septembre, donné un gage de ses bonnes intentions, en composant la commission ecclésiastique qui devait entrer en fondions le 1er janvier 1841 d'hommes très honorables, savoir : MM. Boisot, conseiller d'état, président, Louis Vulliemin, ministre, Constançon, d'Orbe, ancien conseiller d'état, Fabre, premier pasteur à Lausanne, vice-président, et Dapples- Calame, à La Sarraz. Si des hommes pouvaient, en aucun temps, présenter des garanties suffisantes de sécurité, de progrès, de développement sérieux, sous et malgré une loi funeste, les membres de la commission auraient été eux-mêmes ces garanties vivantes. Mais quand les lois ne soutiennent pas les hommes chargés de leur exécution, elles les écrasent.
1 La plupart des pétitions que nous avons transcrites ou analysées, lurent recueillies en une brochure intitulée : Pétitions et protestations provoquées dans le canton de Vaud par la discussion et la promulgation de la loi ecclésiastique du 74 décembre 1859. Lausanne, Ducloux, 1841, 62 pages.