C. MONNARD
Le secrétaire, Dan.- Alex. Chavannes. 1
Ce décret eut un immense retentissement dans le pays. Il encouragea toutes les personnes attachées à l'œuvre de l'instruction primaire, et, au dehors, on envisagea de plus en plus le gouvernement du canton de Vaud comme décidé a poursuivre tous les genres de progrès.
* Rapport fait au département de l'intérieur, par le comité de l'école normale provisoire, présenté au grand conseil dans sa session de mai, suivi du Rapport de la commission du grand conseil sur le projet de décret concernant l'école normale, accepté le 1er juin 1835. — Imprimé par décision du grand conseil. Lausanne, frères Blanchard, 1835. 26 pages.
Le 9 janvier 1837, fut inaugurée, sous les auspices les plus favorables, une école normale pour les institutrices. Une personne connue depuis longtemps pour son dévouement et son activité infatigable, pour ses œuvres de bienfaisance et de charité chrétienne, Mlle Cornélie C/iavannes, avait été appelée à diriger le nouvel établissement. Elle avait fait de l'éducation primaire la tâche de sa vie et nulle n'était plus qualifiée qu'elle pour l'œuvre qui lui était confiée 4. MM. les conseillers d'état Boisot, Druey et De la Harpe, le conseil de l'instruction publique, le comité de l'école normale, la direction de l'école et les maîtres des deux établissements assistèrent à l'introduction de douze élèves admises après avoir subi un examen préparatoire. Cette installation, malgré sa simplicité, émut vivement le petit nombre de personnes qui y assistèrent. M. Monnard fit sentir avec beaucoup d'énergie, de clarté et d'affection pour les élèves, la tâche importante à laquelle elles étaient appelées. Il peignit en peu de mots l'importance de l'éducation des femmes, les graves conséquences qui pouvaient résulter de leur influence heureuse ou malheureuse sur l'ensemble de la société. La directrice de l'école prit ensuite la parole pour ajouter à l'excellent discours du président ce que son cœur lui dictait dans un moment si solennel pour elle.
L'école normale des institutrices était établie pour cinq ans et sur des bases analogues à celles de l'école normale des régents et élèves régents. Les mêmes maîtres devaient, autant que possible, être employés dans les deux établissements, afin de
1 M>le C. Chavannes, fille de M. Daniel-Alexandre Chavannes, secrétaire du grand conseil^ est morte en 1874. à Lausanne. Elle dirigea jusqu'à la fin de sa vie une école gratuite de jeunes filles.