‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 24 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

maîtres ou un pasteur de pourvoir à cet enseignement. Mais, ici comme dans les écoles primaires, la liberté religieuse était sauvegardée par l'autorisation donnée aux parents de veiller comme ils l'entendraient à l'instruction religieuse de leurs enfants.

€ La loi de 1834 sur les écoles moyennes inspirait les plus belles espérances pour l'avenir, bien que l'on trouvât, non sans raison, le programme trop chargé. Beaucoup de communes se disposèrent à réorganiser leurs établissements d'instruction intermédiaire. On ne se pressa cependant pas. Les personnes éclairées conservaient un bon souvenir aux études classiques et ne se montraient nullement disposées à les abandonner. On savait que l'autorité préparait une nouvelle loi réorganisant les collèges, et l'art. 37 de la loi actuelle de 1834 prévoyait la possibilité d'une combinaison entre les collèges et les écoles moyennes. On attendit donc, tout en préparant le terrain pour recevoir la "semence à y déposer, lorsque le moment serait venu »

En 1836, le grand conseil, alors présidé par M. le professeur Monnard, entendit dans sa séance du 3 décembre un rapport de M. Alexis Forel sur la nouvelle loi sur les collèges. Déjà dès 18-27, on avait proclamé la nécessité d'une réorganisation du collège dit académique. Mais cette nécessité s'étant fait de plus en plus sentir et d'une manière unanime, la commission de 1836 proposait l'adoption du projet présenté. Le collège académique, qui porterait dorénavant le nom de collège cantonal, puisqu'il était destiné à l'usage du canton, devait être divisé en deux sections, savoir : un collège inférieur de cinq classes et un collège supérieur ou gymnase de trois classes (belles-lettres et philosophie.)

1 Ch. Arehinard. Hist. de /'ins/i wtion publique dans le canton de Yaud, pag. 103,104.

Après de longues discussions, ce premier projet fut rejeté1. Toutefois, les dernières dispositions que nous venons de mentionner furent conservées dans le nouveau projet adopté par le grand conseil, le 21 décembre 1837. Seulement, le gymnase renfermait quatre classes pour les jeunes gens de 14 à 18 ans, par conséquent pour les étudiants de l'ancien auditoire de belleslettres et pour ceux des deux dernières années de philosophie.

Au collège inférieur, la religion figurait au premier rang parmi les objets d'enseignement.

L'article de la loi relatif aux collèges communaux portait que ces collèges seraient organisés de manière à ce que les élèves y fissent les études de la section inférieure du collège cantonal, et pussent acquérir les connaissances exigées pour être admis dans la section supérieure de cet établissement. Aucune commune ne fonda de collège seulement, mais toutes celles qui avaient des établissements d'instruction intermédiaire se préparèrent, selon les prévisions de la loi du 21 décembre 1837, à constituer des collèges-écoles moyennes.

Le recrutement du personnel enseignant de ces nouveaux établissements se fit assez facilement, grâce au nombre alors considérable de jeunes ministres vaudois qui, ne trouvant pas immédiatement de postes pastoraux à desservir, étaient tout disposés à utiliser, dans l'enseignement public, les études qu'ils avaient faites, soit à l'académie de Lausanne, soit au dehors.

1 Nous trouvons dans une lettre particulière de cette époque, adressée à M. S. Chappuis, les lignes suivantes se rapportant au sujet que nous traitons: « Le nouveau grand conseil, tout en se montrant généralement généreux en fait de dépenses publiques, ne paraît pas disposé à donner chez nous à l'instruction supérieure le développement presque gigantesque que la commission législative avait rêvé. Il est sûr que c'était un grand saut que de tripler tout d'un coup la dépense du collège et de doubler celle de l'académie, et je crois qu'on avait été trop loin. Le peu de succès des universités de Zurich et de Berne, la chute complète de celle de Bâle (?!) doivent nous servir de leçon et nous engager à perfectionner ce que nous avons, sans vouloir donner à nos établissements un développement hors de proportion avec les ressources, l'étendue et les besoins du pays.»

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