CHAPITRE II
L'influence exercée par ces futurs pasteurs sur la jeunesse des collèges communaux devait être généralement bonne, car la plupart de ces instituteurs momentanés étaient des hommes sérieux et subissant eux-mêmes l'influence du mouvement religieux de l'époque. D'ailleurs l'esprit qui présidait aux institutions scolaires était le même qui s'était fait sentir déjà dans les années précédentes et qui s'était affirmé un jour en ces termes par l'organe de M. Monnard : « Combattons l'utilitarisme exclusif par le spiritualisme, par la tendance à cultiver l'esprit pour l'esprit; à nourrir l'âme pour l'âme, à sonder les profondeurs de la science pour propager sur la terre le règne de la vérité, qui est le règne de Dieu. Un pareil office appartient surtout à l'instruction supérieure *. » Quelques étrangers, parmi lesquels se rencontraient parfois des hommes de mérite, vinrent également occuper des places d'instituteurs dans les collèges-écoles moyennes et contribuèrent ainsi à donner un certain relief à l'instruction intermédiaire dans notre pays. Les années qui suivirent la réorganisation dont nous venons d'entretenir nos lecteurs furent donc des années de vie, d'élan et de mouvement intellectuel. Mais la crise de 1845 devait porter à ces établissements aussi un coup funeste, et en compromettre un moment l'existence.