CHAPITRE I
de révangélisation des catholiques. Cette œuvre présentait, paraît-il, assez de difficultés pour que la société ne crût pas devoir s'imposer la tâche de fonder en quelque sorte une mission au milieu des catholiques établis à Vevey ; elle se bornait à évangéliser les catholiques en passage dans cette ville. Une œuvre plus régulière et plus facile consistait à pourvoir aux besoins religieux des malades en séjour aux bains de l'Àlliaz et de Lavey. La société fit aussi, mais sans succès, quelque tentative pour travailler à révangélisation du canton l.
La Société évangélique d' 'Aigle continuait à vouer son attention et ses soins à révangélisation du Valais, et, en 1839, elle y procéda par le moyen de lecteurs de la Bible qui furent, paraît-il, assez bien accueillis, du moins au début2.
La société (YYverdon se préoccupait aussi de la situation religieuse des catholiques, mais c'est dans le canton de Fribourg et aux environs de Moudon qu'elle se voyait appelée à travailler. Elle donnait aussi ses soins à révangélisation des Allemands répandus dans le canton, et envoyait des ouvriers visiter, pendant la saison d'été, les chalets et les maisons isolées du Jura vaudois. Un projet de participation à l'œuvre de la Société évangélique de Lausanne, dans révangélisation libre du canton, n'aboutit a rien3.
La société de Sainte-Croix s'occupait particulièrement des écoles du dimanche.
Les quelques détails qui précèdent suffiront pour montrer que les sociétés évangéliques , tant celles que nous n'avons pas nommées que les autres, continuaient à être des centres d'activité et des foyers de vie religieuse. Dans les circonstances du moment, on pouvait même prévoir qu'elles seraient probablement appelées à jouer plus tard un rôle important. Que
1 Rapports de la société pour 1838, 1839 et 1840.
* Sixième rapport, 30 avril 1839.
3 Rapports de la société, de 1838 à 1840.
deviendrait l'église nationale? Selon la réponse que les faits se chargeraient de donnera cette question, les sociétés évangéliques n'offriraient-elles pas les bases d'une nouvelle institution ecclésiastique? Plus d'une fois, dans les rapports de ces sociétés, nous avons rencontré l'expression de pensées toutes semblables.
La Société pour la sanctification du dimanche, après avoir travaillé avec une grande ardeur à réaliser pratiquement le but qu'elle s'était proposé, vit peu à peu les efforts de ses membres se ralentir. Les concours ouverts pour la composition de nouveaux traités ne parvenaient pas à stimuler le zèle des écrivains chrétiens, et le nombre des publications était peu considérable. Chose curieuse cependant, et qui semblerait dénoter que l'intérêt général pour cette œuvre ne diminuait pas, le nombre des sociétaires augmentait. Lors du premier anniversaire de la fondation de la société (1835), ce nombre était de 238 ; en 1839, il était de 579. Bien plus, l'idée de posséder des agents, qui parcourraient le canton en faisant connaître l'œuvre et en la propageant, se réalise dès 1838, et deux ministres de la Parole, MM. Ch.-F. Vallotton, à Vallorbes et Hector Bettex, à Moudon, entreprennent, dans leurs districts respectifs, des tournées qui ne sont point infructueuses. Partout, chez les pasteurs du moins, ils rencontrent un accueil sympathique et des encouragements précieux. Mais bientôt, contraints par des nécessités de position ou d'autres causes respectables, ces agents se retirent, et c'est en vain que la société cherche un agent général pour le canton. Les circonstances dans lesquelles se trouve l'église vaudoise, la gravité de la crise qu'elle traverse, absorbent les esprits au détriment de certaines œuvres. Le comité de la société en vient peu à peu a l'idée de rédiger autrement le principe