CHAPITRE I
cipation des laïques à la marche et à l'administration de l'église ne pouvait manquer de se poser dès le début. On faisait remarquer que l'exclusion des laïques des corps ecclésiastiques était loin de se justifier par la Parole de Dieu, et que leur activité, sans nuire en rien à l'action légitime du clergé, leur donnerait plus de zèle à eux-mêmes.
La question non moins grave, et qui devait le devenir chaque jour davantage, des rapports de l'église et de l'étal se présentait également, et l'on réclamait une plus grande lumière sur le principe qui régirait cette matière. On laissait entrevoir que l'église et l'état devaient être séparés plus qu'ils ne l'étaient actuellement et qu'à l'église seule appartenait de prononcer en matières purement ecclésiastiques*.
C'était aux classes du clergé qu'il appartenait de prendre quelque initiative en vue de la future réorganisation de l'église vaudoise. Déjà le 13 juin 1832, la classe de Payerne et Moudon nommait une commission de cinq membres chargés de travailler à une révision des Ordonnances ecclésiastiques. Le 29 mai 1833, la classe de Lausanne et Vevey remettait également à une commission choisie dans son sein le soin de préparer un projet sur cet important objet, et, l'année suivante (20 mai 1834), elle décidait de faire lithographier le Projet de constitution ecclésiastique qui lui était présenté par sa commission. Ce projet, qui nous a été ainsi conservé, renfermait de fort bonnes idées. L'église y acquérait une liberté relative vis-à-vis de l'état ; les laïques étaient introduits dans les classes et dans le synode ; la confession helvétique était conservée. Plusieurs de ces principes se retrouvèrent plus tard dans le projet dit
• Conf. Gazette évangélique, N° 9, 1er mars 1833.
Burnier* . A la même époque, la classe de Morges et Nyon prenait connaissance du rapport fait par sa commission. Celle-ci, au lieu de donner à son travail la forme d'un mémoire, avait préféré lui donner celle d'un projet de règlement, divisé en chapitres, articles, etc. Ce travail, remarquable par sa précision, sa clarté, l'ordre qui y régnait et la largeur des principes qui lui servaient de base, intéressa vivement tous les membres de la classe. L'un des principes posés dans ce projet était que les corps spécialement chargés du gouvernement de l'église seraient composés d'un nombre égal de membres ecclésiastiques et de membres laïques, de sorte que, dans ces corps, ce ne fût pas seulement le clergé, mais l'église qui fût représentée. La classe décida que chacun de ses membres recevrait une copie de ce rapport ; qu'une nouvelle commission serait nommée pour recueillir les observations de tous, pour les discuter et présenter à la prochaine séance les résultats de ses travaux. Conformément à cette décision, une nouvelle commission composée de neuf membres 2 élabora un projet définitif de constitution ecclésiastique, dont la classe, après une discussion générale qui eut lieu le 21 mai 1834, prononça l'admission, non point à la vérité comme étant absolument ce qu'il y avait de mieux, mais comme reposant sur des bases qu'il serait utile d'adopter pour la future organisation de l'église vaudoise. Une minorité de neuf membres, opposée aux bases mêmes du projet, le rejeta dans son ensemble. La classe n'en décida pas moins que ce document serait déposé dans ses archives, pour servir de point de départ aux débats ultérieurs auxquels elle pouvait être appelée à participer \
1 Projet de constitution ecclésiastique, présenté à la vénérable classe de Lausanne et Vevey, etc. Lausanne, Blanchard, 1834. 10 pages in-4.
* MM. les pasteurs : Pache, Burnier, Rossier, Boiceau fils, Leresche, Barnaud, Miéville, Olivier et Bolens.
5 On trouvera ce projet de constitution dans la Gazette évangélique, N08 27-32, 1834.