CHAPITRE
Comme Y Exposé des motifs le disait très nettement, l'organisation ecclésiastique projetée était une démocratie représentative, avec les modifications que l'état de l'église et la nature spéciale de cette société paraissaient exiger impérieusement. Le point de départ était la paroisse et un conseil général qui la représentait. Puis venaient les classes où chaque paroisse avait des députés siégeant avec les pasteurs. Ensuite le synode , grande commission de classes ; et enfin la commission synodale, lien entre les corps ecclésiastiques et le conseil d'état.
Les classes avaient, dans le système du projet, une importance plus grande et plus réelle qu'aucun des autres corps ecclésiastiques, parce qu'elles étaient cette portion de l'édifice qui, plus rapprochée de la base, devait réunir le plus tous les éléments dont le peuple de l'église se compose. C'était donc là un des points qu'on estimait le plus digne d'attention. L'action principale devait résider dans les classes et c'étaient elles précisément qui émanaient directement des paroisses. A la vérité, le synode était au sommet, mais c'était une tête qui recevait du corps plus qu'elle ne lui donnait.
Au jugement môme des auteurs du projet, celui-ci ne présentait au fond qu'une seule innovation de quelque gravité, savoir l'introduction des laïques dans les corps chargés du gouvernement intérieur de l'église. Mais c'était là un résultat de la force des choses, une conséquence nécessaire de faits accomplis, puisque l'état n'était plus identiquement un avec l'église. L'organisation proposée, qui permettait à l'église de se mouvoir, ne renfermait d'ailleurs aucun élément d'agitation. Elle ne tendait point à créer dans l'état, et sous le nom d'église, une autorité rivale de celle de l'état. Le projet, tout en évitant de faire de l'état l'église, et tout en donnant vie à celle-ci, conservait bien réellement à l'état le pouvoir qui lui appartenait.
Le projet de loi et l'exposé des motifs étaient l'un et l'autre