‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 60 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

tême, soit par une admission postérieure, et qui ne déclarent pas s'en retirer. » Dans ces deux articles il s'agissait donc du personnel de l'église ou de sa composition. Ce fut là le premier objet soumis aux délibérations de l'assemblée.

Au début de la séance, une note très explicite de M. le pasteur J. Baup, lequel du reste ne faisait pas partie de la délégation, en s'élevant contre la rédaction des deux projets, plaça la question sur son vrai terrain. On devait exiger deux choses : 1° L'admission dans l'église par l'église. Ne sont membres d'une société que ceux qui y ont été reçus. Le baptême ne suffit pas ; preuve en soit la confirmation. Ce serait donc l'admission à la cène qui donnerait la qualité de membre de l'église. 2° Mais avoir été admis une fois n'est pas tout; il faut continuer à faire profession d'appartenir à l'église. Quant aux corps constitués dans l'église, les membres effectifs seuls auraient le droit d'en faire partie, après un genre de profession qui serait une garantie pour l'église.

La discussion aboutit au rejet des articles proposés par les deux projets et à leur remplacement par la rédaction suivante:

« L'église nationale se compose de toutes les personnes domiciliées dans le canton, qui appartiennent à quelque communion évangélique par le baptême qu'elles y ont reçu et confirmé et qui continuent à faire profession d'en être membres.

» Les enfants suivent, à cet égard, la condition de leurs parents.

» Des personnes, appartenant à d'autres communions chrétiennes, seront considérées comme faisant partie de l'église nationale, lorsqu'elles y auront été admises selon le mode prescrit par les règlements ecclésiastiques'. »

Cette rédaction avait été adoptée par une majorité de -21 voix. Dans le cours des débats, treize orateurs différents avaient pris

* Bulletin de la délégation des classes, pag. 273. MOYEN. REL1G. IV.

la parole. M. Damier s'était déclaré, dès l'entrée, en son nom et au nom de ses collègues de la majorité, prêt à souscrire aux changements que l'assemblée apporterait à l'article 3 du projet. M. Bauty défendit sa rédaction, en rappelant que, pour lui, l'église était une grande convocation faite de par l'Eternel aux hommes, une école ouverte à tous pour nous faire connaître la route qui conduit à l'éternité bienheureuse. Il était dans les convictions de l'honorable pasteur que « nous naissons membres de l'église, » donc avec le droit d'y être introduits. Pour M. Bauty, le signe de cette introduction était le baptême. 11 ne voulait pas qu'on allât plus loin, sauf à courir le risque d'être irrésistiblement conduit à une église de professants, et à la destruction de l'église nationale. M. Chappuis, dans un discours plein de force et de netteté, exprima la pensée que le projet de la minorité, en considérant l'église comme une école, et en en attribuant le gouvernement à l'état, ruinait peut-être la notion de l'église, puisque c'est par la profession du christianisme qu'on devient membre de l'église. A ce dernier point de vue, les deux projets étaient également infidèles à leur idée mère. Le projet de la majorité organisait une société qui se gouvernait, mais il ne formulait pas nettement l'idée d'association en exigeant une profession; ce qui revenait à ouvrir aux incrédules les portes de l'église. Et quant à la minorité, elle fondait une école, elle exigeait le baptême comme condition d'introduction dans l'église ; ce qui était trop, car aussitôt que l'on exigeait quelque chose, on faisait un pas vers l'idée de l'église de professants. Même avec le parti pris d'écarter l'idée de la profession, M. Bauty y était ramené malgré lui. M. Chappuis pensait donc qu'on devait constituer franchement l'église vaudoise sur la base de la profession, car si l'église est une école, elle est aussi un instituteur, ce qui ramène à l'idée d'association.

En donnant son approbation au discours de M. Chappuis,

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