‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 63 sur 173 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

d'un fait aussi bien que celle d'une doctrine. Elles peuvent être envisagées comme l'expression de la doctrine qu'une église y trouve, et l'on ne peut rendre immuable l'expression de cette foi. M. Burnier concluait donc en disant qu' « il serait aussi fâcheux de rendre immuable une confession de foi qu'il le serait de n'en point avoir. » Cette opinion fut également soutenue par M. Chappuis. Ce dernier estimait « qu'à toute église une confession est nécessaire, que l'idée d'une confession est inséparable de l'idée d'église, et qu'il n'y a pas d'église nationale concevable, d'église nationale qui soit vraiment une église, sans une confession de foi. » Comme source de la foi et dépositaire unique des vérités du salut, l'Ecriture sainte est suffisante ; mais comme base d'une église particulière, on peut très bien dire qu'elle ne suffit pas et l'expérience le prouve amplement. « La confession de foi, disait encore M. Chappuis, est très conciliable avec l'autorité de l'Ecriture sainte. Le symbole, en effet, n'affaiblit pas l'autorité de l'Ecriture sainte, car il n'est pas règle de la foi, il n'est que le témoignage qu'en donne l'église ; non pas une règle, mais un simple témoignage.... La confession de foi d'une église est le document authentique et ofûciel au moyen duquel cette église professe sa foi devant tout le monde. » M. Vinet, qui avait demandé la parole avant le discours de M. Chappuis, déclara n'avoir rien à ajouter à ce qui venait d'être dit.

Dans le cours de la discussion, M. le professeur Leresche avait fait remarquer que les deux projets, en rapprochant trop la confession de foi, œuvre de l'homme, de la Bible, œuvre de Dieu, avaient pu faire craindre à plusieurs que la confession ne fût en quelque sorte assimilée à la Bible. Il demandait donc que la fonction attribuée à la confession helvétique fût exprimée en termes plus modestes. M. Burnier appuya cette demande, et la rédaction proposée par ces deux membres de la délégation fut acceptée dans les termes que nous avons cités plus haut.

Dans la onzième séance (mardi 13 mars), on reprit la ques-

tion de la révision de la confession de foi. La plupart des orateurs, MM. Curchod, Leresche, de Vufflens, Solomiac, Archinard, Burnier, Chappuis, Grenier, s'exprimèrent positivement dans le sens que la confession de foi pouvait être modifiée, qu'il ne fallait pas la déclarer immuable, la cristalliser ; d'autres, MM. Gauthey, Golliez, sans nier le droit de l'église sur ce point, ne voyaient pas qu'il y eût à parler de modifications ; M. Banty s'y opposait absolument et déclarait que c'était « toucher au cœur de l'église nationale que de ne pas reconnaître que la garantie qui lui était donnée s'étendait jusqu'à sa doctrine. » Malgré cette résistance désespérée, la délégation adopta par 21 voix de majorité la proposition suivante de M. Grenier: « La délégation émet le vœu qu'aucun changement ne puisse être apporté à la confession de foi helvétique que sur la proposition des deux tiers des membres des classes, par un décret du grand conseil, et du consentement de la majorité des membres de l'église nationale consultés dans les assemblées paroissiales1. »

Enfin, dans la discussion générale, en second débat (quinzième et dernière séance, samedi 17 mars), la délégation, dans sa grande majorité, sentant le besoin d'expliquer dans quel sens elle adoptait la confession de foi, adopta par 21 voix contre 8 une proposition de M. Chûppuis ainsi conçue : « En maintenant la confession de foi helvétique, comme exprimant la doctrine reçue dans l'église nationale, la délégation n'a entendu maintenir que l'exposition des dogmes ou doctrines, et non pas tout ce qui se rapporte à d'autres questions, notamment les principes exprimés au chapitre XXVIII sur les biens de* l'église, et XXX sur les magistrats2. »

La première discussion sur la confession de foi était à peine terminée, que le Nouvelliste rendait compte à sa manière des

1 Bulletin de la délégation des classes, pag. 353.

2 Bulletin de la délégation des classes, pag. 381.

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