CHAPITRE KL
fession représente les croyances et ne les impose pas. Une confession de foi ne se place point entre l'homme et son Dieu. Sans doute, une confession de foi n'est pas nécessaire à une église, parce qu'elle a existé avant la confession de foi ; mais l'église veut une telle manifestation, parce qu'elle veut proclamer les convictions qui sont siennes. Les avantages d'une confession de foi sont l'unité, le sentiment de l'existence et la paix intérieure. C'est une source de sécurité pour les pasteurs, une régie et une autorité. La prédication de la parole divine devient uniforme dans toutes les paroisses. Pour ces dernières, les confessions de foi présentent de grands avantages. Elles connaissent la doctrine de leurs pasteurs et peuvent s'unir à ces derniers intimement. Dans le système d'une église nationale, salariée par l'état, c est une garantie inévitable pour l'état et pour le clergé.
M. Gindroz qualifiait de regrettable le vote par lequel le grand conseil supprimerait toute confession de foi. 11 s'ensuivrait, pensait-il, un mouvement d'indépendance qui ne serait pas à désirer.
Pour M. Muret-Tallichet, le symbole des apôtres était la véritable confession de foi populaire. Cet orateur voyait grandir l'influence du méthodisme et il l'appelait une influence de coterie politique. Cependant les méthodistes à craindre n'étaient pas les dissidents, mais ceux qui étaient restés dans l'église nationale et qui voudraient en faire sortir ceux qui ne pensaient pas comme eux. M. Muret vota avec la minorité Jaccard.
M. De la Harpe, président du conseil d'état, s'éleva de nouveau contre la confession. Il fit ou s'imagina faire de l'histoire ecclésiastique et conclut que « les confessions ne peuvent faire que des hypocrites ou des indifférents; qu'elles sont destructives de la liberté d'examen et du choix d'une doctrine. » D'accord avec le chef du pouvoir exécutif, M. Demiévillê votait
contre toute confession de foi et ne voulait que la Bible seule, tandis que M. Ruchet, rapporteur, maintenait la confession, le peuple n'ayant pas dit qu'il voulait la changer. M. le pasteur Roud rappela que le clergé était unanime pour demander le maintien de la confession de foi. Oter à l'église nationale sa confession, ce serait lui tout ôter, sa vie, son existence. Enfin, M. le professeur Monnard, tout en exprimant l'idée qu'une confession de foi est proprement le livre des docteurs, non le livre de tous, et tout en votant le maintien de la confession de foi, proclama bien haut que l'église nationale devait se constituer elle-même, qu'elle ne devait pas être constituée par une assemblée législative.
Le 18 janvier, M. Druey, après avoir jeté un coup d'œil historique sur la fondation de l'église chrétienne, s'exprima ainsi :
« En s'appuyant sur le bras séculier, les églises réformées se sont mises dans la nécessité de professer et de prêcher de préférence certaines doctrines en faveur à telle cour ou dans les conseils de telle république. Une église-école ou d'autorité, une véritable église d'état ou gouvernementale, doit avoir une confession de foi.
» L'église de société ou de professants, où l'on entre librement, séparée de l'état, doit aussi avoir sa confession de foi; les personnes qui en font partie veulent savoir si elles sont bien d'accord sur tous les points.
j) Mais notre église nationale n'est plus une église d'autorité et n'est pas encore une église séparée de l'état.... C'est un pêlemêle.... Avec une pareille église, au XIXe siècle, dans une république démocratique, que voulez-vous qu'on fasse?... Une église nationale, composée de tant d'éléments divers, ne comporte point une confession de foi....
» Il y a deux églises évangéliques réformées; l'une méthodiste ou ultra-calviniste, qui a fait revivre la confession hel-