‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 91 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

vétique; l'autre moins sévère, plus relâchée, plus en rapport avec l'esprit du temps... Ce n'est pas la première qu'on a voulu maintenir, garantir dans son intégrité. »

La situation de l'église nationale du canton de Vaud vis-à-vis de l'état, d'un côté, et du peuple, de l'autre, justifiait-elle le point de vue de M. Druey? On pourrait hésiter à répondre; cependant, à le juger impartialement, M. Druey était peut-être plus près de la vérité que les partisans quand même du maintien de la confession de foi. L'esprit qui animait cet homme d'état dans sa campagne contre la confession helvétique pouvait être mauvais; il avait sans doute, à cet égard, des idées de derrière la tête; mais l'église nationale étant donnée, M. Druey avait pour lui la logique, jusqu'au moment où il aurait aussi le pays.

M. le conseiller Jaquet entra dans la discussion en posant cette question : « Notre église aura-t-elle une confession de foi écrite ou non écrite? Substituera-t-on aux livres symboliques dont elle est en possession un symbole en chair et en os, formé des majorités variables appelées à la gouverner? » En rejetant l'article 2 du projet, on mettait de côté la confession de foi de l'église nationale; or, M. Jaquet conseillait l'adoption de cet article, en y ajoutant que l'état de choses actuel relativement aux livres symboliques, aux livres pour le culte et l'enseignement public de la religion, serait maintenu aussi longtemps qu'il n'y aurait pas été apporté de changement dans les formes voulues par les articles 67 et suivants de la présente loi.

M. Jaquet termina le beau discours qu'il avait prononcé en faveur de la confession de foi par cet avertissement, trop emphatique peut être, mais bien sérieux : Le rejet de l'article 2, avec les conséquences qui résulteront de ce rejet, est, à mon sens, l'article premier du testament de l'église nationale.

L'opinion du président du conseil d'état, M. De la Harpe, sur la confession de foi nous est connue. Après un exposé histo-

rique sur les origines de la confession helvétique, le magistrat théologien prétendit que, dans la supposition où il faudrait un livre symbolique, le formulaire de 1566 ne serait pas celui qui conviendrait aux Vaudois. A en croire l'honorable président du conseil d'état, la religion de la confession n'était pas celle de Jésus-Christ, ni celle du pays ; c'était celle du méthodisme pur, et il fallait en faire justice. — Nous laissons à ceux de nos lecteurs qui connaissent ces matières le soin de juger de la valeur d'une pareille critique. Mais M. De la Harpe, qui avait sans doute des notions plus exactes sur les dispositions du peuple que sur la symbolique, demandait qu'on imprimât la confession à vingt ou trente raille exemplaires et qu'on la soumît au peuple. « On verra, ajoutait-il, quel sera son sorti »

Dans la séance du 17 janvier, M. le pasteur Simonin s'élevant contre la confusion que l'on faisait entre la règle d'enseignement et la règle de foi, rappela cette distinction si souvent faite au sein de la délégation et dans les débats sur ce point. A son jugement, ces mots de l'article 9 de la constitution : et la discipline ecclésiastique du canton, impliquaient la garantie positive de la confession par la constitution elle-même. Mais M. Marc Duvoisin, l'auteur du célèbre article contre le prosélytisme, dans la loi du 22 janvier 1834, fidèle à la consigne que son parti avait reçue de son chef de file, fit jouer sa grosse artillerie en accusant les mômiers de ressusciter la confession helvétique ; confession tirée en partie de saint Paul, lequel était, au dire du député campagnard, tin capitaine de Romains qui n'avait jamais été apôtre, qui était venu après Jésus-Christ, qui n'avait jamais été avec lui! Le hardi critique repoussait donc la confession de foi qui avait remplacé chez nous le pape!

M. Boisot, conseiller d'état, qui n'avait pas souscrit à l'idée de faire discuter les projets de loi par une délégation des classes, voulait conserver absolument le statu quo. Pour lui, la constitution avait garanti l'église nationale dans son intégrité;

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