‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 92 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

c'est-à-dire dans son état constitutif formant un tout, ce qui signifiait qu'elle était maintenue, quant à sa forme et dans ses doctrines. La nouvelle loi ecclésiastique devait donc être faite dans les limites de l'article 9.

M. Blancltenay, qui ne voulait à aucun prix de la liberté des cultes, s'attaqua violemment à M. Monnard et à M. Vinet dont il cita la fameuse phrase : « C'est de révolte en révolte, etc. » Mais M. Alexis Forel prit aussitôt la défense de M. Vinet absent, et M. le professeur Monnard, dans un très long et beau discours, répondit à des faits personnels et à des objections présentées. Il pensait que si le peuple vaudois était décidé à conserver son église nationale, il entendait sans doute l'église avec ses institutions actuelles et avec sa doctrine. Du reste, M. Monnard croyait qu'il y aurait utilité à revoir le formulaire ; seulement, c'était à l'église, et non au grand conseil à faire cette revision.

• Dans le cours de la discussion, M. Drvey toucha incidemment à la question de la séparation de l'église d'avec l'état. Bien loin de redouter cette séparation, qui est une )iécessité, disait-il, il l'aurait envisagée comme un bien. « Nous y tendons de toutes manières, » ajoutait-il.

Le lendemain, entre autres orateurs qui prirent la parole sur cette question, nous remarquons M. Th. Rivier. Cet honorable député parla en faveur des confessions de foi et montra que le méthodisme wesleyen était précisément favorable à ceux qui ne voulaient pas la confession helvétique et qui s'élevaient contre elle parce qu'ils y voyaient le drapeau du méthodisme.

M. le professeur Gindro: fit l'apologie de la confession helvétique. « Doit-elle, demanda-t il, demeurer confession de notre église? Je réponds oui et non.... Notre église nationale, évangélique réformée ne peut admettre dans son sein que la profession de la doctrine évangélique réformée ; donc, oui I pour tout ce que la confession renferme de vérités chrétiennes, pour les

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devoirs qu'elle rappelle. Non! pour tout ce qui n'est pas de l'Evangile et de la réforme. » M. Gindroz concluait qu'il fallait garder la confession, mais la réviser.

Dans un nouveau et long discours, M. Druey répéta qu'il ne redoutait pas la séparation de l'église d'avec l'état, mais il reconnaissait que la majorité du peuple vaudois n'en voulait actuellement pas. Puis, faisant allusion aux débats de la délégation, il affirma que cette dernière avait déchiré la confession de foi en en détachant quelques chapitres.

Enfin, M. De la Harpe prétendit encore que la confession devait être rejetée parce qu'elle était inintelligible et absurde. — Cette discussion sur l'article 2 du projet, qui n'avait pas duré moins de trente-deux heures, se termina par l'adoption d'un amendement de M. Drueij, ainsi conçu : « Art. 2. L'église nationale évangélique réformée ne reconnaît d'autre règle de foi que l'Ancien et le Nouveau Testament.

» La liturgie et le catéchisme seront soumis à une révision à laquelle il sera procédé conformément aux articles 67 et suivants de la présente loi dès qu'elle aura été mise à exécution. En attendant que cette révision soit opérée, l'état de choses actuel relativement à ces livres est provisoirement maintenu. »

La confession helvétique se trouva ainsi abolie par 67 voix contre 57.

L'article 5 du projet de loi mentionnaitles corps constituésdans l'église et y introduisait les laïques. M. Demiéville ne voulait pas de ces derniers ; M. Druey en voulait, par les motifs qu'il avait déjà développés plus d'une fois. L'église devait être le plus possible démocratique et le peuple de l'église avoir aussi sa part dans les affaires de l'église; l'élection par les paroisses était le principe fondamental d'une église vraiment chrétienne et démocratique.

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