‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 2)Chapitre 97 sur 173 · chapitre m · texte numérisé non relu

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peuple. Et il continuait : « Mais nous rangeons dans une classe différente d'autres personnes que l'abrogation de la confession de foi a affligées, scandalisées, irritées. Ce sont des hommes, ou qui ne veulent la liberté qu'à demi, ou qui ne la veulent que pour eux, ou leur secte, ou leur parti... Les uns et les autres, qui s'imaginent qu'on peut administrer la liberté par doses, ne font pas assez attention que les affaires d'un peuple souverain, émancipé, qui a des mandataires et non des dispensateurs, ne se gèrent pas comme celles d'un peuple soumis au gouvernement paternel ou tutélaire, parce qu'il est encore dans l'enfance ou assujetti à des maîtres. Ce peuple émancipé doit être traité comme un homme émancipé ; on ne lui impose pas ce qu'il doit croire, mais on lui expose les diverses doctrines de sa religion afin qu'il puisse choisir... Les hommes dont nous parlons ne comprennent pas davantage que l'église d'un pays libre, où il y a tant de diversité dans les opinions religieuses, sans même sortir du cercle des doctrines évangéliques réformées, cesse d'être nationale dès qu'on y fait prévaloir le formulaire d'une secte... Chacun sent qu'on en a fini sur ce point. L'espoir exprimé par quelques-uns de se récupérer sur la liturgie et le catéchisme en est bien la preuve. Nous verrons bien, etc. l. » Nous laissons à nos lecteurs le soin d'apprécier l'étrange théorie de M. Druey sur le choix des doctrines ; remarquons seulement que cet homme d'état était foncièrement conséquent avec lui-même et qu'il tendait, sans dévier, au but qu'il se proposait depuis longtemps : par la liberté à la négation et à la tyrannie. Lors donc qu'on l'accusait d'être inconséquent, il pouvait répondre, comme il le faisait en effet : « La contradiction qu'on nous reproche est d'un nouveau genre, en vérité. Nous aurions tort de nous élever contre la confession de foi en 1839, parce que ! nous avons demandé la liberté des cultes en 1829, en 1831

1 Nouvelliste r au dois, N° 11, 5 lévrier 1839.

et en 1834. C'est au contraire en parfait accord. Quand on a défendu la liberté des autres, c'est-à-dire des églises dissidentes, on est en droit, ce nous semble, de la réclamer pour soi, pour l'église nationale. Alors c'était la liberté à côté de l'église, aujourd'hui, c'est la liberté dans l'église ; c'est toujours la liberté, la liberté spirituelle, la liberté de prédication. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher l'inconséquence.... Dès qu'une église consent à dépendre de l'état, à en recevoir sa constitution, ses lois, ses règlements, sa subsistance, jusqu'à son existence, nous ne concevons pas qu'elle répugne aux conséquences forcées de ce principe... Et remarquez bien que c'est parce que l'état a rendu l'église à la liberté spirituelle, qu'on crie à l'oppression... Ah î si votre conscience souffre de ce que l'état s'ingère dans les doctrines de l'église, de ce qu'il s'arroge le pouvoir d'abolir la confession de foi, d'ordonner la révision de la liturgie et du catéchisme, de ce qu'il se réserve de les sanctionner, de les modifier, peut-être même de vous les imposer; si votre conscience, dis-je, est opprimée, violentée, si elle se révolte,.... alors remontez à la source du mal, coupez par la racine l'arbre qui produit ces fruits amers, ...demandez qu'on sépare l'église de l'état... ou plutôt séparez-vous!... Que la confession de foi soit établie, conservée, modifiée ou abolie par l'église seule, ou par le gouvernement seul, ou par le gouvernement et le clergé de concert, ou par le peuple, c'est-à-dire, dans un cas comme dans l'autre, par une majorité ou par un pouvoir quelconque, cela revient parfaitement au même pour ceux qui sont d'une opinion contraire à ce symbole; de toute manière, il y a contrainte, oppression à l'égard de la minorité... Il n'y a donc pas de milieu, il faut se soumettre à la majorité4. » Cet article du Nouvelliste souleva de très vives réclamations;

1 Nouvelliste vaudoïs, N° 16, 22 février 1839. — Le journal de M. Druey ne ménageait pas ses termes, lorsque, dans ce même article, il disait aux représentants de l'église : « Quand on s'est laissé mettre, ou plutôt quand on s'est mis soi-même un collier et qu'on le garde alors qu'on pourrait s'en débarrasser, on est mal venu à se

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