‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 102 sur 171 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Malgré les éloquentes paroles des adversaires de la loi du 20 mai, les débats se prolongeaient beaucoup et il ne semblait pas qu'ils dussent finir de sitôt, lorsqu'un député de la campagne, Duvoisin, d'Orges, homme de peu de valeur au fond, mais instrument utile dans l'occasion, fut poussé par quelquesuns de ses collègues à proposer un amendement qui mît fin à la discussion. L'amendement fut en effet adopté à une grande majorité, parce que beaucoup s'y rattachèrent comme à un moyen de conciliation. C'était une concession qu'on crut devoir faire aux ennemis de la liberté religieuse et sans laquelle jamais on n'eût obtenu d'eux qu'ils admissent l'abrogation de la loi l. Le projet rejeté se transforma alors purement et simplement en la loi du 22 janvier, dite loi sur la liberté religieuse ,

* Il parut alors, a l'occasion des récents débats du grand conseil, une curieuse brochure intitulée : Réflexions d'un lier mile sur les discussions élevées dans le grand conseil, en sa session de 1855-1854, concernant la liberté religieuse. (Lausanne, 1834, 18 pages.) L'auteur appelait ceux qui demandaient la liberté illimitée des cultes les chevaliers sans peur de la religion. Dans le but de s'opposer à la liberté absolue des cultes, l'hermite n'employait pas mal de comparaisons boiteuses et sophistiques. Il voulait prouver ainsi que « la liberté accordée indéfiniment à tous les cultes était, dans son principe et dans son application la plus générale , opposée aux lois divines et humaines. » Il tenait extrêmement à ce qu'il appelait les engagements et les serments faits à sa religion et rappelés dans la liturgie de la cène, à l'article contre ceux qui font des sectes à part. Il parlait de changement de religion et ne distinguait pas entre religion et institutions ecclésiastiques plus ou moins humaines. D'après l'hermite, les dissidents n'avaient eu aucune raison suffisante pour rompre avec l'église nationale. « Quoique assez exclusifs, disait-il en parlant d'eux, ils réclament une large et ample portion de liberté religieuse ; d'abord, pour en profiter eux-mêmes; puis, peut-être aussi, comme moyen qui servira au détriment et à la ruine de notre religion et de notre église, a Toutefois, l'auteur, s'il n'était pas pour la liberté, était pour la tolérance, « concession faite, grâce conférée à ceux qui en sont les objets et qu'on peut leur retirer. » Tout en avouant la tiédeur de l'église nationale, il réprouvait les émeutes et les persécutions.

ou mieux contre le prosélytisme. La voici dans ses éléments essentiels.

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