‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 105 sur 171 · LE RÉGIME DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LE RÉGIME DE LA LIBERTÉ

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CHAPITRE PREMIER Le mouvement religieux après le retrait de la loi du 20 mai.

Extension du mouvement religieux. — Les sociétés anciennes et les nouvelles. — Sociétés évangéliques à Sainte-Croix et à Cossonuy. — Union plus intime entre les églises de la Suisse française. — La société évangélique de Lausanne. — Prédications de VOratoire. — Sociétés évangéliques à Moudon, Oron, Roïle elAubonne.

— Les écoles du dimanche. — Mémoire présenté en 1837 au colloque de Vevey.

— Décision de la classe de Lausanne et Vevey. — Société pour la sanctification du dimanche. — Principes et résolutions. — P»éunion du 2 juillet 1834 à Vevey. — Publications de la société. — Deux tendances. — La Société de tempérance. — Résolutions et règlement. — Publications religieuses : Sermons de Dupra*, de Rochat, de J.-C.-l. Sécrétait, de Yinet, de Gauthey, de Scholl, de Vermeil. — Le Narrateur religieux. — Ombres au tableau. — Divers aveux. — Un sermon de jeûne de M. Manuel.

La loi du 20 mai a été révoquée. Le 18 janvier 1834 une ère nouvelle, l'ère de la liberté extérieure, a commencé pour l'église vaudoise. Les bénédictions répandues sur cette église, même sous le régime de la loi du 20 mai, et qui ont été grandes, ne prendront pas fin ; le réveil, si faible à ses débuts,

continuera à s'étendre, surtout parmi les pasteurs de l'église nationale. Dans la période qui s'ouvre devant nous, bien des calomnies cesseront de se faire entendre ; les magistrats donneront l'exemple de la modération, de la tolérance et même d'un libéralisme vrai; les doctrines prêchées du haut de la plupart des chaires ne seront plus taxées de nouvelles ; un peu partout des oratoires, des réunions d'édification hors des temples et des heures consacrées légalement au service divin, surgiront sous la direction et la surveillance des pasteurs eux mêmes ; le nombre des œuvres chrétiennes ira en augmentant1.

Les Sociétés religieuses, nées à une époque antérieure, continuent à prospérer. À Lausanne, les assemblées annuelles de ces diverses sociétés attirent de plus en plus l'attention des chrétiens, ils s'y portent en nombre toujours plus considérable; beaucoup de pasteurs du pays et même des cantons voisins s'y rencontrent et donnent à ces réunions fraternelles un air de fête. Il en est de même partout où quelque société évangélique s'est constituée. Le rapport de 1834 respire la joie. L'abandon, la cordialité, la franchise chrétienne avaient percé dans tous les discours prononcés dans les assemblées de cette année-là. « Le ton de con viction, le langage de l'âme allait à l'àme des auditeurs ; l'attention prolongée de ceux-ci pendant trois séances de trois heures chacune, était la preuve d'un intérêt vrai, vif et soutenu; les mouvements intérieurs, les impressions diverses produites par quelques discours se manifestaient sur les physionomies attentives. Le vaste local de l'Oratoire était complètement rempli, ainsi que les abords sous les fenêtres. Il y avait au moins soixantedix ministres vaudois ; on y voyait des gens de la campagne de diverses localités du canlon ; plusieurs avaient fait cinq, six, même sept lieues pour s'y rencontrer. Le grand encombrement, la chaleur excessive, la nécessité où plusieurs personnes se

1 Conf. Gazette évangélique, N° 6, 7 février 1834.

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