‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 106 sur 171 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

trouvèrent de se retirer, parce qu'elles ne pouvaient pénétrer dans la salle, firent regretter à bien des assistants qu'on n'eût pas pensé à demander aux autorités un temple pour cette réunion l. i

A Vevey, où les troubles de 1833 avaient eu pour résultat l'interruption pendant plus de cinq mois des réunions de l'Oratoire, les œuvres entreprises par la Société évangèlique n'en avaient pas moins suivi une marche progressive. C'était là du moins ce que le rapport lu à l'assemblée générale de la Société, le 9 février 1835, croyait pouvoir constater. On se réjouissait, mais on ne se faisait pourtant pas d'illusions. Le pasteur Victor Mellet trouvait même qu'en général le réveil religieux semblait avoir au milieu de nous plus de bruit que de vie, et II. Frédéric Chavannes pensait que si le réveil s'était refroidi, c'est qu'il y avait eu dans le zèle déployé auparavant des éléments charnels. L'opinion émise par ces deux orateurs se voyait appuyée par M. S. Chappuis qui, dans une lettre adressée ce jour-là à la Société, exprimait la conviction que, dans l'ensemble, on n'avançait pas. 11 s'agissait donc très sérieusement de savoir si le réveil périrait ou prendrait une nouvelle vie et de V accroissement. Ces avertissements, toujours si opportuns, ne devaient point tomber comme la semence sur la grande route, et l'année suivante le rapport du comité signalait, dans l'œuvre de la Société, des progrès assez sensibles pour qu'un des orateurs, M. Ch.-L. Recordon, sufîragant à Beaulmes, se crût autorisé à parler des beaux temps dans lesquels on vivait 2.

Dans le courant de l'année 1834, une société évangèlique s'établit à Sainte-Croix. L'année suivante (6 novembre 1835), une société semblable voit le jour à Cossonay. Dans ce dernier district, ce sont les attaques de l'incrédulité qui ont poussé les

1 Huitième et neuvième rapports de la Société évangèlique de Vevey, 1835, 1836.

1 Galette évangèlique, N° 24, 13 juin 1831.

MOUVEM. RELIG. III

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amis de l'Evangile à se réunir, à se grouper et à opposer la Parole de Dieu et les œuvres de l'activité chrétienne aux misérables plaisanteries de Voltaire, réchauffées dans ce coin de pays par quelques disciples du célèbre incrédule. A cet égard, le mal était assez grand, paraît-il, pour que tous les ecclésiastiques du district se fussent sentis pressés de prendre part à la réunion qui donna naissance à la Société évangélique.

Dans les années précédentes déjà, on avait éprouvé le besoin et émis l'idée et le vœu d'une plus grande union entre les églises de la Suisse française. On aurait eu une seule société des missions, une seule société biblique, une seule société des traités, et l'on espérait que cette unité dans l'action établirait entre les églises des rapports plus intimes1. Ces tentatives de rapprochement entre les diverses églises de la Suisse française n'eurent pas de résultat positif, mais ce fut d'un besoin analogue de concentration que sortit la Société évangélique de Lausanne.

La circulaire destinée à provoquer la fondation de cette société porte la date du 6 mars 1835; elle est signée par le secrétaire de la conférence fraternelle qui prenait la chose en main, M. le ministre Ch. Porta. Quelques amis de l'Evangile, réunis en conférence fraternelle dans le but de s'occuper ensemble de l'avancement du règne de Dieu, s'étaient entretenus du projet de fonder à Lausanne une société évangélique. Ils voyaient à cela trois avantages principaux ; 1° la concentration des lumières d'un certain nombre de chrétiens pour la décision de questions importantes ; 2° la division du travail pour les affaires courantes; 3° la communauté d'action entre les serviteurs du

1 Conf. Gazette évangélique, N° 8, 22 février 1833. —

(Unité de l'église.)

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