‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 107 sur 171 · CHAPITRE t · texte numérisé non relu

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même Seigneur dans des œuvres qui, quoique diverses à l'extérieur, n'en formaient qu'une au fond. Parmi les œuvres déjà existantes ou qu'il restait à fonder, on comptait entre autres la dissémination des Saintes Ecritures, des traités religieux et du Bon Messager; le patronage des détenus libérés; les prédications de l'Oratoire et l'évangélisation du pays; le colportage et l'évangélisation en France, etc.

Une fois fondée (4 mai), la Société évangélique de Lausanne se donna une organisation intérieure qui la rapprochait extrêmement d'une église particulière ou d'une association fermée. On en devenait membre ensuite d'une admission au scrutin secret et après une candidature d'au moins quinze jours! Des séances générales avaient lieu régulièrement de quinzaine en quinzaine ou de mois en mois, afin d'unir entre eux d'une manière plus particulière les chrétiens de Lausanne. En 4836, un an après sa fondation, la Société comptait 151 membres (77 hommes et 74 femmes)1.

Le soin de pourvoir aux prédications de VOratoire avait été confié cà la Société évangélique. Ces prédications étaient fréquentées par un public si nombreux, elles avaient si bien atteint une partiede la population qui y était demeurée longtemps étrangère, que le lieu de culte était devenu trop petit et que le comité de la société avait demandé l'usage du temple de Saint-Laurent. A la vérité cet édifice avait été refusé par la municipalité. Cependant, c'est à partir de cette année que les assemblées générales des sociétés religieuses du canton purent avoir lieu dans ce même temple et qu'elles eurent à se réjouir d'une plus grande afïïuence d'assistants. Quant au local de l'Oratoire, il avait dû être agrandi de façon à contenir mille auditeurs.

Parmi les sociétés évangéliques qui virent encore le jour dans cette période de l'histoire religieuse de notre pays, men-

1 Première séance publique, tenue au temple de Saint-Laurent, à Lausanne, le 2 août 1836. Rapport.

tionnons celles de Mowdon (1836), ù'Oron et de Rolle. (1837.) La Société évangélique à'Aubonne fat également réorganisée. (1837.) Toutes ces sociétés poursuivant la même œuvre, ne pouvaient qu'être grandement favorables au développement et à l'affermissement de la vie religieuse au milieu de nos populations des villes et des campagnes.

Le rapport de la Société évangélique de Lausanne pour 1836 signale à l'attention des chrétiens une œuvre encore à ses débuts, celle des écoles du dimanche. On comptait pourtant déjà plusieurs écoles semblables dans le canton1. La première en date, si nous ne nous trompons, avait été établie en 1835, au château de l'Isle, par Mme Gornaz-Guebhardt. On commençait alors à se préoccuper sérieusement de l'instruction religieuse de l'enfance. En 1836, le colloque de Vevey, sur la proposition d'un de ses membres, avait nommé une commission chargée de lui présenter un rapport sur la question des écoles du dimanche comme moyen d'instruction religieuse pour les enfants. Cette commission était composée de MM. Deloës, pasteur à Ghexbres, et Alexandre Chavannes, pasteur à Chardonne. Dans la réunion du colloque du 30 mars 1837, M. Chavannes, rapporteur de la commission, lut un mémoire étendu sur ce sujet. Quelques-unes des grandes lacunes que présentait en général l'instruction religieuse de la jeunesse vaudoise y étaient signalées avec franchise : *

— Notre jeunesse, favorisée par la bonne providence de Dieu de plusieurs moyens d'édification, croupit encore, on peut le dire, dans une grande ignorance des choses de Dieu, et ne ressent que très faiblement la bienheureuse influence de l'Evangile. Les pères et les mères n'entendent généralement rien du tout à l'éducation de leurs enfants, et ne s'oc-

1 Deuxième réunion annuelle, 1er août 1837. Rapport.

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