‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 116 sur 171 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

boire du vin jusqu'au point de troubler les facultés intellectuelles, en boire habituellement plus d'une bouteille ordinaire par jour, boire habituellement du vin pur hors des repas, sauf le cas de pénibles travaux ou de marches fatigantes, ne peut se concilier avec la modération.

Art. 3. Sont membres de la société toutes les personnes des deux sexes âgées de plus de seize ans qui souscrivent cet engagement.

Art. 4. Il n'est exigé aucune contribution de ceux qui désirent être membres de la société; mais elle attend de leur zèle qu'ils lui fourniront par des dons volontaires les moyens d'atteindre son but.

Art. 5. Chaque membre s'impose d'ailleurs l'obligation de faire adopter autour de lui les principes de la société.

Art. 6. On peut en tout temps se retirer de la société par un avis donné au président.

Art. 7. Les affaires de la société sont gérées par un comité composé d'un président, de deux vice-présidents, d'un caissier, d'un secrétaire et de quatre autres membres.

Art. 8. Les membres du comité sont nommés pour trois ans par l'assemblée générale des hommes composant la société.

Art. 9. Chaque année il rend compte de sa gestion en séance publique. Le rapport est imprimé.

Art. 10. Le comité se met en relation avec les sociétés de tempérance actuellement existantes hors du canton. Il s'efforcera d'établir dans chaque district des. sociétés auxiliaires. 11 travaille à répandre les principes de la société par tous les moyens dont il pourra disposer.

Le 44 juin, la société se constitua en composant son comité définitif de MM. Perdonnet; Ducloux, imprimeur ; Berger, membre du conseil de l'instruction publique; Delessert-Will ; De la Harpe, général; Alexis Forel, membre du grand conseil; Roulât, régent à l'école modèle ; Scholl, pasteur; Cuénod, ministre1.

Quels ont été les résultats pratiques appréciables de l'activité déployée par la Société vaudoise de tempérance ? Nous ne saurions le dire. A peine née, cette société semble avoir disparu. Aucun document du moins ne constate qu'elle ait vécu. Elle aura succombé, pensons-nous, tuée bien plus par l'indifférence

1 Narrateur religieux, N° 24, 15 juin 1837.

des honnêtes gens que par les résistances inévitables de ceux qu'elle se proposait de corriger.

Parmi les publications religieuses, signes d'une vie qui se développe, nous citerons, comme ayant paru à cette époque, un certain nombre de recueils de sermons dus à des plumes vaudoises.

En 1833, Dupraz avait publié un sermon sur Jacques IV, 9,10 : Les misères des enfants de Dieu. Cet excellent et utile discours était le fruit d'une grande expérience chrétienne. L'année suivante parurent trois nouveaux sermons, tous également distingués par la doctrine, le sentiment, l'onction, les applications pratiques, les pressants appels, la clarté, le mouvement et parfois les aperçus ingénieux et nouveaux. (L'instruction et V éducation. — Nos prérogatives comme nation chrétienne. — Les bénédictions de Dieu sur nos campagnes l.)

C'est aussi en 1834 que Rochat livra à la publicité ses Méditations sur r histoire d'Ezéchias*. La forme de ces discours, particulièrement adressés aux fidèles, était très familière et leur tendance éminemment pratique. L'auteur n'empruntait rien à l'éloquence humaine; toute sa puissance de persuasion était tirée de la Parole de Dieu dont il possédait une connaissance parfaite et tout expérimentale.

Cette même année, un ministre vaudois, M. J.-C.-I. Sécretan, second pasteur de l'église wallonne de la Haye, publiait en Hollande un recueil de douze Sermons sur quelques textes de VEcriture sainte. La seconde édition de ces excellents discours paraissait dès 1835 déjà, àNeuchâtel3, et les mettait ainsi à la

1 Sermons par H. -G. Dupraz, pasteur à Nyon. 63 pages.

2 Neuchûtel.

3 Chez Petitpierre et Prince.

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