‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 119 sur 171 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

quoique très coûteux, ne profite qu'à quelques personnes en quelque sorte privilégiées. Et, quant aux rapports des sociétés de la Suisse allemande, ils sont généralement ignorés, ainsi que tant de faits religieux dont les pays étrangers sont le théâtre. D'ailleurs le moment n'est-il pas venu de changer la forme des diverses assemblées générales des sociétés qui font paraître des rapports, d'exciter plus de variété dans ces rapports, d'élaguer les choses déjà souvent dites et répétées et de resserrer daus leurs vraies limites les discours prononcés, afin de conserver'l'intérèt des lecteurs sans rien ôter à la force, à l'originalité, à l'importance des choses soumises à l'attention des auditeurs.

Un journal, la forme journal, nous paraît nécessaire pour obtenir ces différents buts.

Une commission législative s'occupe, depuis près d'une année, des graves intérêts de l'église vaudoise, de l'organisation future de cette église qui nous est chère à tant de titres. Bientôt nos législateurs devront se prononcer. Les circonstances sont donc des plus sérieuses. Si l'on apporte des changements à nos lois ecclésiastiques, nous devons désirer qu'ils soient les meilleurs possibles ; si l'on n'y apportait que des modifications insignifiantes, peut-être que les conséquences en seraient des plus importantes aussi.

Et, c'est devant un tel état de choses, c'est devant toute une question d'avenir pour notre église, que nous pourrions demeurer encore sans une feuille ouverte à l'examen de tout ce qui se rattache à cette immense question !

Le vœu de notre loi sur l'instruction publique est que nos écoles soient des écoles chrétiennes. On le sait, et cependant, si quelques écoles présentent d'honorables et d'intéressantes exceptions, beaucoup sont encore bien en arrière; toutes peuvent faire encore de sensibles progrès. Or, il faut exciter ces progrès, montrer les moyens de les faire, éclairer par des conseils et par des faits pris soit chez nous, soit au dehors sur les voies à suivre pour parvenir au meilleur résultat possible. C'est une chose nécessaire pour MM. les pasteurs et les régents, pour les commissions d'inspection des écoles, pour tous les pères et mères de famille. Et cependant aucun journal ne nous parle d'instruction publique, surtout sous le point de vue chrétien, d'une manière un peu suivie et un peu une ! Frères, il nous faut un journal.

Bien d'autres considérations pourraient être présentées à l'appui de notre conviction sur l'urgence d'un journal, etc. 1

1 Narrateur religieux, N° 1, 5 janvier 1837.

Les réponses à cette circulaire, quoique loin d'être toutes satisfaisantes, contenaient cependant un assez grand nombre d'adhésions et surtout assez d'encouragements moraux pour que le comité de la Société évangélique de Vevey pût y voir une direction de la part du Seigneur. Sur l'appel d'une commission chargée de chercher des actions, les engagements souscrits affluèrent à tel point que jamais entreprise pareille, dans notre pays, n'avait commencé sous des auspices plus encourageants. C'était donc à la fois sous le patronage de quelques-unes des sociétés évangéliques vaudoises et sous celui d'un grand nombre d'actionnaires de toutes les classes et de diverses localités de la Suisse française, que le Narrateur religieux allait commencer sa tâche.

Conformément à son titre, le nouveau journal voulait être avant tout narrateur ; il voulait publier les faits religieux propres à instruire et à édifier; les faits relatifs à l'instruction publique, surtout au point de vue religieux; présenter un résumé des rapports des diverses sociétés chrétiennes ; raconter les séances des corps ecclésiastiques de notre patrie protestante, etc., etc.1.

Le Narrateur religieux devait livrer à ses lecteurs un numéro par semaine, soit 52 par an, et c'est en effet là une obligation qu'il a remplie fidèlement pendant les quatre années de son existence, de 1837 à 1840, sans se refuser du reste à fournir des suppléments quand l'abondance des matières l'exigeait. Imprimé à Lausanne, dans le format in-folio, il était rédigé à Vevey par M. le ministre Cli.-F. Recordon. C'est à cette feuille si consciencieuse et si bien renseignée que nous devons la connaissance d'une foule de faits et de détails appartenant directement à l'histoire du mouvement religieux et ecclésiastique dans notre canton, à l'époque dont nous nous occupons actuellement.

1 Narrateur religieux, N° 1, 5 janvier 1837.

Page 1