‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 131 sur 171 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Mais au milieu des grands souvenirs de la réforme et en présence de cette imposante et vénérable assemblée, nous nous sentons comme pressés de rendre témoignage de notre foi.

Comment, en effet, ne pas joindre au souvenir de nos illustres réformateurs la pensée des saintes doctrines qu'ils nous ont laissées comme leur plus précieux héritage; de ces doctrines que, l'Evangile à la main, ils n'ont cessé de proclamer comme devant être à toujours le fondement de L'édifice que le Seigneur leur avait donné d'élever. Ce sont ces mêmes doctrines que l'église du canton de Vaud admet, croit et enseigne, ainsi qu'elles sont exposées dans la confession de foi des églises de la Suisse, formulaire qui, comme vous le savez, est au milieu de nous la règle de renseignement religieux. La divinité de Jésus-Christ, coéternel avec Dieu le Père, l'expiation des péchés par ses souffrances et sa mort, la justification par grâce et non par le mérite des œuvres, la misère et la corruption de l'homme déchu, la régénération de nos âmes par l'œuvre du Saint-Esprit: voilà nos convictions les plus chères, parce que nous les trouvons dans la Bible, parce que nous les regardons comme les plus propres à vivifier les âmes et à produire ces fruits de sainteté, d'amour et de paix, gages d'une foi sincère.

Vous nous avez demandé la communion de nos prières. Depuis longtemps, chers frères, elle vous est acquise. Depuis longtemps nous adressons à notre Dieu et Sauveur des prières et des supplications pour les églises de la Suisse, notre commune patrie, ainsi que pour toutes les églises uù le nom de Christ est invoqué. Mais il nous est bien doux d'appeler plus particulièrement dans cette importante circonstance les bénédictions de PEsprit- Saint sur vous et sur votre église. Oh ! puissent être exaucés les vœux qui vont monter au trône des miséricordes! Puissent 'ces jours être marqués par une abondante effusion de grâces divines! Puissent-ils, bénis d'en haut, devenir des jours de renouvellement, des jours où l'on voie et ceux qui sont loin et ceux qui sont près, unis les uns aux autres par les principes d'une foi pure et par les liens de la charité qui est selon la vérité, travailler d'un commun accord à l'œuvre du salut des âmes, pour la plus grande gloire de Dieu 1 !!!

M. le doyen Mellet prononça ce discours drnn ton grave, en accentuant d'une manière particulièrement solennelle l'alïirma-

1 Jubile de la réformatioH de Gen>-rc, Historique et conférences (1835), pag. 217 à •19.

tion des doctrines reçues et prêchées dans l'église du canton de Vaud. L'effet général fut bon, paraît-il ; on n'eut à regretter que quelques murmures partis des bancs des Français.

Nous avons vu dans un livre précédent de cette histoire quelles relations la Société évangélique de Genève avait nouées avec un grand nombre d'ecclésiastiques vaudois. Un lien de fraternité s'était promptement établi entre les membres de cette société et la partie vivante du clergé vaudois. Or, tandis que la compagnie des pasteurs de Genève célébrait avec ses hôtes le jubilé de la réformation, la Société évangélique tenait son assemblée générale annuelle dans le temple qu'elle avait ouvert le 9 février 1834 et qu'on désignait sous le nom d'Oratoire. Plusieurs pasteurs et ministres du canton de Vaud, qui ne s'étaient point inscrits auprès de la vénérable compagnie, se trouvaient à l'Oratoire, et même l'un d'eux, Rodolphe Mellet, pasteur à Thierrens, y prêcha, le lundi 24 août, un sermon très remarqué et très goûté et que la presse nous a conservé sous ce titre: Le courage du serviteur de Dieu1.

La plupart des ecclésiastiques vaudois qui avaient répondu à l'appel de la compagnie avaient envisagé leur démarche comme un témoignage de sympathie chrétienne, mais ils étaient au fond en pleine communion de doctrines avec la Société évangélique. Pendant la fête, quelques-uns d'entre eux, voyant avec peine la séparation qui s'était accomplie dans le sein du clergé genevois et dans l'église elle-même, crurent qu'il serait possible de rapprocher ces deux fractions, et leur charité leur inspira le désir et le besoin de tenter quelque chose dans ce sens. Mieux que d'autres peut-être, ils auraient pu servir de

1 Genève, Lausanne, Paris, 1835. 32 pages.

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