‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 134 sur 171 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

égard, car, le 2 juillet 1830, une circulaire du conseil d'état, adressée aux doyens des quatre classes, annonçait que le jubilé de la réformation ne serait pas célébré1.

Les amis de*l'Evangile éprouvèrent quelque chagrin de cette décision, mais plusieurs pasteurs et laïques résolurent aussitôt de prendre la chose en main et de consacrer un des derniers dimanches de l'année à un service d'actions de grâces pour les bienfaits spirituels que la réformation avait répandus sur le pays. A la date du 28 novembre, la Société évangélique de Lausanne adressa la circulaire suivante aux autres sociétés religieuses du canton :

Messieurs et chers frères,

Dans sa séance du 14 novembre 1836, la Société évangélique de Lausanne a pris unanimement une résolution qu'elle s'empresse de vous faire connaître. C'est de célébrer, par un jour solennel de prières et d'actions de grâces, le jubilé séculaire de notre bienheureuse réformation. Il nous a paru qu'il y avait une haute convenance chrétienne, à ne pas laisser passer l'année 1836, sans faire une commémoration religieuse du grand et glorieux événement que cette année nous rappelle avec tant de force.

Nous croyons superflu de vous exposer longuement tous les motifs de cette résolution. N'est-ce pas assez, pour la justifier, de dire que, par la bonté de Dieu, la réformation nous a rendu l'Evangile dans sa pureté ; que c'est à elle que nous devons la possession et la libre circulation, au milieu de nous, de la Parole divine, que c'est elle qui nous a rendu le privilège et le droit de prendre cette Parole pour règle unique de notre foi et de notre vie, que c'est à elle enfin que nous sommes redevables de la libre prédication de l'Evangile, et, par conséquent, de tous les fruits qu'elle a produits depuis trois siècles dans la nation tout entière. N'est-ce pas assez de tout cela pour que tous ceux qui connaissent le

1 Actes de la classe de Lausanne, 16 et 17 mai 1837.

prix de l'Evangile, et qui en ont éprouvé l'efficace, se sentent pressés de s'unir librement et volontairement pour en témoigner leur vive et profonde reconnaissance à l'Auteur de tout don parfait et de toute grâce excellente, et pour lui demander que cette religion divine, que la réformation nous a rendue dans sa Parole, porte de plus en plus au milieu de nous tous les fruits de piété, de charité, de moralité chrétienne, qu'elle est destinée à produire.

Si vous partagez à cet égard nos convictions, nous espérons, chers frères, que vous vous unirez à nous pour faire monter vers Dieu un concert de prières et d'actions de grâce. Nous avons cru que le 24 décembre, et le 25, jour de Noël, étaient des jours où il serait à la fois facile et naturel d'en célébrer la mémoire chacun dans la sphère où nous pouvons agir et par les moyens à notre disposition ; et, qu'en proposant deux jours pour cette célébration, chacun aurait toute la latitude nécessaire pour écarter les difficultés que l'exécution de ce projet pourrait rencontrer dans quelques localités.

Dieu veuille faire tourner ce dessein à sa gloire et s'en servir comme d'un moyen béni de vivifier notre foi, de ranimer nos espérances et de rendre beaucoup d'âmes salutairement attentives au grand événement qui sera célébré.

Que les plus précieuses bénédictions de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ reposent sur vous et vous réjouissent.

Nous vous prions de recevoir l'expression sincère de notre affection fraternelle en Jésus-Christ.

Le président de la Société évangélique, Ch. Scholl, pasteur.

Le secrétaire,

GUINAND.

Il était fâcheux que la Société évangélique de Lausanne eût songé si tard à prendre une initiative que le refus des corps constitués rendait absolument nécessaire. L'époque fixée par la circulaire pour la célébration d'un jubilé était également malencontreuse, vu les grandes occupations des pasteurs à ce moment de l'année. Enfin, la circulaire ci-dessus aurait dû être envoyée à tous les pasteurs et non simplement aux comités des Sociétés religieuses qui ne pouvaient faire grand'chosé.

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