CHAPITRE TH
était pratiquée dans les églises dissidentes, et les vues de ces dernières sur la cène, sont le sujet de deux petits chapitres ; il n'est pas nécessaire de dire que, sur ces points-là, M. Olivier ne concède rien à ses adversaires. Dès le début déjà, il avait maintenu la dénomination d'églises de profanes donnée par lui aux églises nationales et il avait constaté que, dans ces églises mêmes, il y avait des divergences de vues assez sensibles sur l'église, sur la discipline, sur la cène, etc. M. Olivier aborde en passant la question controversée chez les dissidents eux-mêmes du baptême des petits enfants1. Il jette en terminant un coup d'œil très rapide sur les arguments secondaires (étroitesse, exclusisme, etc), qu'il ne juge pas dignes d'une réfutation. En somme, la Réponse de M. Olivier est essentiellement un traité de controverse négative, tandis que YEssai de M. Guers exprimait plutôt le point de vue positif de la dissidence, en exposait le système. Nous n'avons pas besoin d'ajouter qu'aux yeux de M. Olivier les quatre thèses posées par lui dans sa première brochure sortaient intactes du débat.
A peine la réponse de M. Olivier avait-elle vu le jour que M.. Ami Bost publiait ses Recherches sur la constitution et les
1 Cette question du baptême des petits enfants avait été, parmi les dissidents de Genève, l'occasion de luttes très vives, de débats .contradictoires, et elle avait failli amener une rupture. M. Malan, très pédobaptiste, avait abordé la question avec son absolutisme habituel, dans une brochure intitulée : Dieu ordonne que les petits enfants lui soient consacrés par le. baptême. (1824.) En 1835, il revint à la charge dans sa Famille baptisée, brochure à laquelle M. le ministre Bost répondit avec beaucoup d'âpreté dans sa Famille baptiste. Toute cette polémique fut conduite avec peu de modération. Dans le canton de Vaud, elle eut un retentissement naturel au sein de la dissidence. Mais, après des débats stériles, l'expérience commune de la grâce de Dieu, et les sentiments de charité mutuelle, remportèrent enfin la victoire. (Conf. deGoltz, Genève religieuse, pag. 282, et Guers, Le premier réveil à Génère, pag. 202.)
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formes de l'église chrétienne1. C'était en octobre 1834. En ne répondant à personne directement, M. Bost répondait en réalité à tout le monde, et il indiquait suffisamment le terrain sur lequel il se plaçait, lorsque, dans son avant-propos, il disait: (( Je n'écris pour aucun parti, parce que je ne suis d'aucun. » Cette profession d'impartialité était si éclatante que ce livre fut appelé par quelques-uns le livre du scepticisme quant aux questions ecclésiastiques. M. Bost, qui raconte lui-même ce fait, ajoute en parlant de ses critiques : Ils n'étaient pas trop loin d'avoir raison2 !
La thèse de M. Bost est très simple : Dieu, dit-il, n'a donné dans sa Parole, ni par lui-même, ni par les apôtres, aucun précepte quelconque sur les formes ou sur la constitution de son église du Nouveau Testament. Les apôtres n'ont donc pas ordonné de prendre leur exemple dans les choses de discipline comme un précepte pour tous les cas. Le principe de l'imitation n'est pas scripturaire.
M. Bost identifie l'église extérieure avec le royaume des cieux et il cherche à prouver celte identité par une étude des passages où se trouve cette dernière expression et des paraboles en particulier. A la réserve de quelques conséquences exagérées de M. Bauty, il est pour ce dernier ; mais, fidèle à son principe ou à ses goûts, il se tient volontiers entre les deux partis extrêmes. L'église, pour lui, n'est nullement l'asile exclusif des hommes réellement sauvés, mais elle est l'institution destinée à sauver tous ceux qui demandent à s'y joindre, en professant la foi à l'Evangile. Aussi, dans l'église chrétienne, doit pouvoir entrer qui veut ; celui qui professe la foi ne demande pas tant l'admission, comme il déclare qu'il entre. Le système véritable de l'église de Christ est celui qui admet tout ce qui se présente.
1 Genève, 1835. 200 pages.
* Mémoires, tom. II.