‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 16 sur 171 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et la nécessité de rapporter la loi du 20 mai, déclaraient cependant que « l'église nationale dans tous ses rapports avec l'état, était la seule qu'ils reconnaissaient et dont ils demandaient le maintien. » Dans la séance du 15 février, où ces pétitions furent lues, un orateur, M. Buvelot, exprima le vœu que la nouvelle constitution renfermât les principes suivants : i que l'église nationale soit conservée sur les mêmes bases qu'elle existe et que, cependant, la liberté de conscience et la tolérance soient consignées dans la charte. »

B. Pour la conservation de l'église nationale avec garantie aux catholiques mais exclusion de tous les autres cultes. Pétitions venues d'une trentaine de localités. La municipalité de Bursins demandait « que la religion évangélique réformée fût reconnue comme religion de l'état, et que la constitution garantît aux communes catholiques et mixtes l'exercice de leur culte. Toute autre tolérance en matière religieuse paraîtrait dangereuse. » D'autres pétitionnaires, individus, paroisses ou communes (L'isle, Montricher, Pampigny, Cuarnens, Moiry, Ballens, Montpreveyres, Grancy, Champagne, etc.), uniquement préoccupés de l'église nationale, réclamaient son maintien sur le pied actuel, soumise à l'état, protégée par lui et ses ministres salariés par lui. C'est dans ce sens également que la paroisse du Lieu avait pétitionné. M. Decoppet, pasteur à Grandson, allant encore plus loin, se prononçait très fortement contre les méthodistes, et trois citoyens de Vuarrens demandaient V anéantissement de la secte mômière. C'est à propos des premières d'entre ces pétitions que le rédacteur de la Gazette de Lausanne se hâtait de constater chez les pétitionnaires une prédilection prononcée pour l'église nationale, et, oubliant un peu ce qu'il avait écrit un mois auparavant, en revenait à ses phrases stéréotypées d'autrefois sur la liberté qui ne saurait aller jusqu'au désordre l.

1 Galette de Lausanne, N° li, 15 février.

G. Adhésion à la pétition signée à Lausanne, le 20 janvier, far les pasteurs et demandant le maintien de Véglise nationale, avec liberté des cultes.

D. Des pétitions en faveur de la liberté des cultes, mais ne faisant point mention d'une église en particulier, furent également adressées à l'assemblée. Il en vint une de Vevey. En outre, sept cent quarante-huit citoyens de divers points du canton émirent le vœu que la constitution reconnût et garantît la liberté de l'association religieuse et le libre exercice de tous les cultes. Une note ajoutée à cette pétition faisait remarquer que les signataires ne songeaient pas à attaquer l'existence de l'église nationale. A cesdemandes il faut joindre celle des amisde la liberté religieuse, réunis à Lausanne, le 20 janvier précédent, au Casino. Cette pétition, nullement hostile à l'église nationale, n'en parlait cependant pas, parce qu'elle se bornait à revendiquer le principe de la liberté religieuse sans entrer dans des questions de détail.

E. Nous mentionnerons enfin, pour mémoire, et comme ayant trait aux questions religieuses alors débattues, une pétition des militaires de Sainte-Croix qui demandaient à être autorisés à exercer un autre jour que le dimanche. De leur côté, et pour ne point rester en arrière, les catholiques du district d'Echallens réclamaient la liberté pleine et entière de leur culte dans le canton, ainsi que la liberté d'enseignement et celle d'association qui en étaient, disaient-ils, les conséquences immédiates.

Voici, du reste, le résumé des pétitions relatives aux affaires religieuses, résumé présenté à la constituante par la commission législative nommée par elle :

Pour le maintien de l'église nationale : 10802 pétitionnaires.

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