‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 17 sur 171 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

Pour le maintien de l'église nationale, avec liberté ou tolérance des autres cultes:

91 49 pétitionnaires, dont 151 pasteurs.

Pour le maintien de l'église nationale sans tolérance: 3346 pétitionnaires, dont 1 pasteur.

Une pétition inconvenante dans la forme. Une pétition d'une commune en nom collectif.

Pour la liberté des cultes ou la tolérance et la liberté d'association :

1429 pétitionnaires, dont 106 ecclésiastiques.

Pour l'égalité des cultes:

15 pétitionnaires.

Le pétitionnement qui se poursuivait activement dans le canton, y entretenait nécessairement une certaine agitation et cela d'autant plus que les bruits les plus singuliers venaient s'y mêler. C'est pour réduire à leur juste valeur les plus grossières des calomnies inventées par les ennemis de la liberté, que le Nouvelliste accueillit un article intitulé: Des exagérations dans ta question de la liberté religieuse k.

Trois faits, disait-on, avaient provoqué ou augmenté la fermentation dont souffrait le pays. D'abord la publication du journal intitulé la Discussion publique. En second lieu, l'assemblée tenue le 20 janvier, au Casino de Lausanne, en faveur de la liberté religieuse. Enfin l'apparition de VAmi de l'église nationale. Se fondant sur ces trois faits on en concluait ceci : 1° On veut renverser réalise nationale. Qui ? demande le Nouvelliste. Les dissidents? les nationaux? le clergé? les défenseurs delà liberté religieuse dans la constituante? Personne. 2° On se

1 Nouvelliste vemdois, N° 13, 15 février.

propose de bouleverser Véglise nationale, même en la conservant. La constituante, répond le Nouvelliste, n'a pas à changer la loi en verlu de laquelle l église est organisée. Ce sera l'affaire du futur grand conseil et nul ne voudra conserver les ordonnances ecclésiastiques bernoises. 3° On poussera la liberté religieuse jusqu'à ses extrêmes limites. Ici, le Nouvelliste pouvait, avec tous les hommes de bon sens, faire bonne justice de ceux qui évoquaient les fantômes du mafiométisme, deYathéisme, etc., etc., et qui voyaient déjà les mosquées et les pagodes remplacer Notre-Dame et Saint-François.

Fidèle à l'esprit de sa fondation, Y Ami de Véglise nationale n'avait pas manqué, dès son premier numéro , de relever et d'attaquer les principes de la Discussion sur l'égalité des cultes. A ses yeux , la liberté religieuse était garantie dès qu'il y avait tolérance pour tous, mais cette liberté serait de beaucoup dépassée s'il y avait pour tous les cultes absolue égalité. L'état, pour être fort, la nation, pour être heureuse et marcher à pas sûrs dans la civilisation, ne pouvaient se dispenser de reconnaître et de doter une église nationale. Celle-ci, fortement organisée, en harmonie avec les droits du pouvoir civil et les justes exigences de la liberté religieuse, se conciliait fort bien avec tous les progrès de la civilisation moderne et le développement successif des institutions libérales l.

Ne se considérant point comme battue, la Discussion reprit aussitôt ce sujet en affirmant que le principe même de la liberté religieuse interdisant de faire des lois relatives au culte (sauf les règlements de police générale), parce que ces lois

1 L'Ami de l'Eglise nationale, N° 1, 8 février. Article de M. C Guisan : De la nécessité d'une église nationale.

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