‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 40 sur 171 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

compagner. Je ne crains pas d'ajouter que tous les pasteurs du canton recevraient avec joie la nouvelle que le conseil d'état aurait pris cette affaire en considération, et aurait prononcé ce changement de jour par mesure générale.

Agréez, etc.

La lettre que l'on vient de lire offre un intérêt particulier, et nos lecteurs comprendront le but que nous nous sommes proposé en la citant. Le mélange, si peu rationnel, de la politique et de la religion apparaissait de telle façon dans l'obligation imposée aux pasteurs de lire en chaire la proclamation du grand conseil, que ce mélange devait être jugé à la fois peu religieux et peu politique. Un pasteur, agissant de son propre mouvement, pouvait prêcher sur la vraie liberté, sur l'obéissance aux lois, sur les droits des hommes libres, etc., etc. Mais ce même pasteur, prêchant ces choses par ordre de l'état, courait le risque d'être envisagé comme un simple agent du pouvoir et de voir diminuer ainsi la considération dont il devait être entouré comme ministre de Christ. A l'occasion de celte lecture, plus d'un pasteur souhaita dans son for intérieur de voir arriver le jour où les ecclésiastiques seraient entièrement rendus à leurs fonctions spirituelles, et où la chaire ne ferait plus l'office de pilier public.

La réponse du président du conseil d'état ne se fit pas attendre. Elle n'était point, on peut le croire, conforme au vœu exprimé par le pasteur de Rolle. Nous la transcrivons ici in extenso :

Lausanne, le 25 août 1831.

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