CHAPITRE IV
moyens de vivre de plus en plus heureux dans le beau pays dont Dieu vous laisse encore paisibles possesseurs, et surtout des moyens toujours plus nombreux de moralité et de salut. Mais souvenez-vous que c'est à vous à influer aussi sur des institutions qui ne seront jamais que ce que vous les ferez. Souvenez-vous que nécessairement imparfaites, comme toutes les choses de ce monde, elles ne constitueront pas le vrai principe de votre force. Ce principe n'est qu'en Dieu et en son Evangile ; voilà ce qui, reçu dans vos cœurs, vivifiera les secours du dehors, et fera de vous la nation dont l'Eternel est le Dieu.
0 Eternel! seul grand, seul sage! voici, un petit peuple, presque inaperçu au milieu des nations, mais que le regard vigilant de ta miséricorde a su trouver entre tes œuvres innombrables, ce peuple, que l'Evangile oblige de se reconnaître plus petit encore en sagesse et en connaissance du salut qu'en population, ce peuple se réfugie vers toi pour que ta force s'accomplisse dans sa faiblesse. Tu écoutes la prière du petit enfant quand l'humilité et la foi l'accompagnent. Prête donc l'oreille, ô Dieu fort ! Donne à ce peuple et à ses conducteurs l'esprit de sagesse que tu départis au fils de David. Que ces nouveaux conducteurs, en établissant l'édifice terrestre de notre petite nation, entrevoient toujours par la foi cette maison éternelle dans les deux1, à l'édification de laquelle aboutissent toutes les voies de ta providence, et que leur premier besoin soit de gouverner un peuple de chrétiens. Bénis l'église de notre pays ; qu'à côté d'institutions civiles libérales elle devienne de plus en plus vivante, servie par des hommes selon ton cœur. Ranime la confiance entre toutes les classes de citoyens. Ramène la concorde entre nous, et entre les cantons de la commune patrie, cette concorde qui a fait l'honneur de nos pères, ce fruit de ton Evangile, hélas ! aujourd'hui trop méconnu. Donne-nous le contentement d'esprit, autre fruit de ton Evangile, ce contentement delà piété qui supporte tout et qui pardonne tout. Seigneur ! aie pitié de nous, petit peuple, jeté aujourd'hui au milieu des tourmentes et des dangers de tout genre. Seigneur Jésus ! Sauveur du monde, Ami des faibles, fais-toi connaître comme Prince de paix à tous les habitants de cette contrée déjà tant bénie. Oh! efface leurs transgressions! Que leur cœur t'appartienne! Qu'à leur départ de ce monde leur avant-dernière pensée soit pour la patrie et la famille qu'ils laissent après eux, mais que leur dernière soit pour toi, et que ton salut soit leur partage ! Amen.
1 2 Cor. V, 1.