CHAPITRE PREMIER
Le mouvement religieux et le clergé national.
Conférences fraternelles entre les pasteurs. — Leur origine. — La réunion du 13 avril 1830, à Lausanne. — Résolutions. — Conférences partielles et locales. — Pétition de M. A. Voru%, pour le retrait de la loi du 20 mai. — Les derniers jours du doyen Curtat. — Mort du pasteur Brousson. — Philippe Bridel, successeur de Curtat. — La Société évangélique de Genève et le clergé vaudois. — L'école de théologie de l'Oratoire. — Réintégration d'Alexandre Chavannes dans le clergé national. — Mort du professeur Levade.
La nouvelle constitution que le peuple vaudois s'était donnée ne faisait aucune mention de la liberté religieuse, mais les amis et les partisans de cette liberté ne pouvaient ni ne devaient considérer cette cause comme définitivement perdue. C'était partie remise et qu'il fallait se mettre résolument en mesure de gagner un jour.
Dans la première partie de cette histoire1, en parlant de
1 Tome II, pag. 200-20.» .
conférences fraternelles qui auraient pris naissance en 1827, nous commettions une erreur de date et nous anticipions sur l'avenir. Ce n'est en réalité qu'en 1830 que ces conférences prirent naissance et voici dans quelles circonstances.
Dans l'automne de 1829, trois ou quatre pasteurs se trouvant réunis à prendre le thé dans une maison particulière de Lausanne, la conversation se dirigea sur les progrès de la dissidence en divers lieux. On fit l'observation que les vices et les abus de l'église nationale étaient une des causes essentielles de ces progrès. On se lamenta de ce que les classes n'agissaient pas dans le but d'obtenir enfin un meilleur ordre de choses, ou bien de ce que le conseil d'état arrêtait les classes, d'autorité, quand celles-ci voulaient faire quelque chose, comme cela venait d'avoir lieu pour celle de Morges. On conclut qu'il serait opportun de former des conférences libres, dans lesquelles on pût se consulter sur les vrais besoins de l'église et voir par quels moyens on pourrait arriver à l'amélioration de ses institutions et, par suite, à son affermissement. L'un d'entre les pasteurs présents se chargea de convoquer quelques pasteurs des quatre classes, pour le printemps suivant
La réunion projetée eut lieu en effet le mardi 13 avril 1830, à Lausanne, chez M. Th. Rivier, rue Saint-Laurent. Elle se composait des pasteurs Paul Monneron, Manuel, Dapples, à Lutry; Grenier, Louis Burnier, Dupraz, Terrisse, Germond, Decoppet, à Romainmôtier ; des ministres suffragants Raiss, Ch. Vulliemin, Demontet, Garin;ùes impositionnaires H. Thomas, S. Thomas, L. Vulliemin, A. Vionnet, Descombaz, Jayet, Bippert, et des laïques Mayor fils, médecin, et Théodore Rivier.
Le président, M. L. Burnier, invita chacun des membres présents à exprimer son opinion sur les défauts de l'église nationale. Voici quelques-unes des observations nombreuses et variées qui furent alors présentées.
1 Discussion pîiblique, N° 27, 1er décembre.