CHAPITRE L
3° Les frères Burnier, Descombaz et Dupraz prépareront un travail sur notre droit ecclésiastique, et d'après nos lois.
4° Les frères Demontet, Dapples, Vulliemin , Decoppet, H. Thomas, un travail semblable d'après la Parole de Dieu.
5° Les frères Jayet, L. Vulliemin et Descombaz s'occuperont de la convenance et de l'utilité de former une société pour s'efforcer d'obtenir la liberté religieuse.
Le 3 juin, dans une seconde conférence, MM. Dapples, Decoppet et Burnier rendirent compte de la manière dont leurs démarches auprès des classes avaient été accueillies, et l'on décida de ne point former de société pour le but spécial de la liberté religieuse. A partir de ce moment, les conférences continuèrent à avoir lieu de temps à autre, à des époques indéterminées, jusqu'à la fin de 4833. Elles furent alors interrompues pendant cinq années et ne recommencèrent qu'en 1839.
Après l'échec éprouvé par les partisans de la liberté religieuse et l'adoption de la constitution de 1831, l'idée de conférences partielles et locales sur des matières ecclésiastiques ayant été émise, trouva crédit auprès des membres des conférences fraternelles. Mais on ne désirait pas que la loi ecclésiastique se fit incessamment, parce qu'on manquait de lumières sur la science du gouvernement et de l'organisation de l'église. Cependant on sentait qu'il y avait quelque chose à faire, on en parlait longuement, on cherchait à s'éclairer, on étudiait la question de l'église
Dans la séance du 14 juin 1832, on aborda la question de la
Acta des conférences fraternelles, 9 novembre 1831.
MOLVEM. REL1G. III
loi ecclésiastique qui devait être faite ensuite de l'article 9 de la constitution. M. L. Burnier dit que la commission nommée par la conférence pour s'occuper de ce sujet désirait que le conseil d'état nommât une commission ecclésiastique qui serait chargée de faire un projet de loi réglant les rapports de l'état avec l'église. Nous verrons plus tard sous quelle forme et en quelle mesure ce vœu fut exaucé. Du reste , relativement à la future loi, la conférence votait simplement ceci : « La loi définira l'église et ne contiendra pas d'autre définition que celle qui est renfermée dans la constitution du canton deVaud de 1831. Les laïques seront députés par les paroisses selon les formes établies dans la constituante ecclésiastique. » Si ce dernier vœu de la conférence eût été entendu, les institutions ecclésiastiques vaudoises eussent été complètement transformées; mais nous aurons à raconter comment l'idée de l'introduction des laïques dans l'administration de l'église échoua devant les préjugés et la routine.
Il est à peine besoin de le faire remarquer, les conférences fraternelles, auxquelles on donna aussi le nom de conférences ecclésiastiques, subissaient l'influence prépondérante d'un homme dont nous avons eu bien souvent déjà l'occasion de signaler l'esprit d'initiative et l'activité prodigieuse. Dans les questions relatives à la constitution et au gouvernement de l'église, M. L. Burnier s'était déjà acquis une grande autorité. Dans le sein de la classe de Morges, à laquelle il appartenait, dans son journal, la Discussion publique, il s'était montré le défenseur ardent et convaincu de la liberté religieuse et de l'autonomie de l'église. Le rôle qu'il avait joué lui assignait d'avance et tout naturellement une place importante dans les futurs débats auxquels la préparation d'une nouvelle loi ecclésiastique donnerait nécessairement lieu.