‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 3)Chapitre 52 sur 171 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

quelque erreur que le temps et les faits subséquents se sont chargés de rectifier, mais ce qui nous importe ici, c'est de montrer de quels témoignages de sympathie variés et encourageants M. Gaussen et ses collègues furent aussitôt entourés. C'est en vain que le Protestant de Genève, le défenseur officieux de la compagnie, essaya de réfuter l'article de Vinet. Ce dernier lui répondit, dans la Revue encore, par deux lettres qui ne laissaient place à aucune réplique décisive.

La sympathie que la cause de la Société évangélique de Genève avait rencontrée dans le canton de Vaud et particulièrement parmi les membres les plus vivants du clergé vaudois, se manifesta encore et surtout à l'occasion de l'ouverture de l'école de théologie évangélique, dite de l'Oratoire. Cette cérémonie eut lieu le 30 janvier 1832 l. Le discours d'inauguration fut

* Voici en quels termes l'un des professeurs en théologie de l'académie de Genève,

M. Cel , exprimait son opinion sur l'établissement théologique de la Société

évangélique. Cette lettre était écrite à un chrétien de Lausanne, bien connu, M. J. G. du Petit-Chàteau : « 11 mars 1832. Je m'affecte peu de la formation de la nouvelle faculté de théologie; car je crois qu'à cette concurrence publique l'instruction des élèves et notre zèle à nous, et nos travaux, et nos efforts pourront gagner, comme le dévouement de notre jeune clergé a tout gagné aux haines et aux calomnies des méthodistes. Jusqu'à présent nous avons peu à redouter ces messieurs comme professeurs, du moins Gaussen et Galland, dont ce n'est pas le talent, et nos étudiants en ont eu vite assez d'eux. Les deux Allemands qui doivent venir (Steiger et Haevernick) seront, je pense, plus savants et plus capables d'enseigner. Mais s'ils sont vraiment savants, des Allemands ne pourront pas marcher longtemps avec gens aussi étroits que leurs futurs collègues. Déjà ou sait que M. Steiger leur refuse d'enseigner le calvinisme pur, et arrive en s'attendant à n'y pouvoir tenir que quelques mois. Quant à l'autre, ses antécédents sont malheureusement des actes plus que des doctrines, et il est à craindre qu'il ne s'entende avec nos gens qu'à l'aide de passions communes au défaut d'une entière sympathie de croyances, si du moins ce qu'on dit de sa conduite est vrai. Si Tholuck et Néander venaient à Genève et examinaient tout impartialement, ils me trouveraient plus rapproché d'eux que Gaussen, tant l'orthodoxie antjlaise diffère de la savante et pieuse orthodoxie de l'Allemagne. »

prononcé devant un assez nombreux auditoire par l'ancien pasteur de Satigny. Les cours commencèrent le lendemain. L'école comptait à ce moment vingt-cinq à trente étudiants, sous la direction des professeurs Steiger, Haevernick, Galland, Merle et Gaussen. Les pasteurs et ministres vaudois qui suivaient avec un grand intérêt les événements religieux qui s'accomplissaient à Genève, voulurent donner à la Société évangélique une preuve de l'unité de doctrine qui existait entre eux et elle. Au nombre de cent vingt-trois, et à la date du 4 décembre 1832, ils adressèrent à cette société une lettre témoignant de leur sympathie pour une école qui voulait, disaient-ils, maintenir les saines doctrines exprimées par la confession de foi helvétique. Dans la réponse faite à cette lettre, le directeur de l'école, en rendant hommage à la fidélité et à la vie du clergé vaudois, déclara que les signataires s'étaient levés au nom de la doctrine non du calvinisme, mais du christianisme. La direction annonçait en même temps que bientôt une chapelle serait unie à l'école de théologie, et elle terminait sa lettre en exposant ses vues sur les conditions d'entrée dans l'église et sur la discipline de celle-ci l.

Dans son numéro du 1er novembre, le Protestant de Genève avait voulu jeter d'avance quelque défaveur sur la démarche préparée par des ministres vaudois. Il le fit en ces termes: « Les agents principaux du méthodisme dans le canton de Vaud viennent de présenter à la signature des ecclésiastiques de ce canton une adresse destinée à féliciter la Société évangélique de Genève et à lui prouver ainsi l'adhésion du clergé vaudois... ; mais des refus honorables ont été signifiés aux auteurs de cette attaque nouvelle contre la compagnie. » L'organe officieux de la compagnie protestait contre « les hommes qui semaient des

1 Lettre d'une partie des pasteurs cl ministres de l'église nationale du canton de Vaud sur rétablissement de l'école de théologie fondée par la société évangélique de Genève, suivie de la réponse de lu direction de l'école. Genève, 1833.

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