CHAPITRE m
entier, Y excommunication. Dans la dissertation sur la cène, il arrive à conclure que les dissidents n'ont plus en réalité l'institution du Seigneur.
IIe partie. « Quelques observations sur la brochure : V Eglise, » etc. M. Olivier confond deux chosesbien distinctes, savoir les textes de l'Ecriture et l'interprétation qu'il en donne. — 11 met en doute la sincérité des pasteurs nationaux. M. Bauty proleste avec énergie et charité. — Ton général de la brochure et moyens de conviction mis en œuvre. Ce ton semble quelquefois commander la conviction au lieu de la laisser naître ; c'est une manière impérieuse de la dicter. Les nombreux passages accumulés ne peuvent éblouir que les simples. Enfin, il apparaît ici un besoin d'agiter les membres de l'église nationale pour les jeter dans la dissidence.
• La conclusion générale de la Réponse de M. Bauty est si belle, si élevée, si éloquente ; c'est une si chaleureuse invitation aux dissidents de rentrer dans l'église nationale, que, abstraction faite du but que l'auteur se proposait, nous ne résistons pas au désir de la mettre tout entière sous les yeux de nos lecteurs.
J'ai dit. Mais que de choses j'aurais pu dire encore ; car certes le sujet est riche, et jusqu'ici il n'a été qu'effleuré. Cependant il faut savoir se borner ; je comptais ne faire qu'une brochure, et c'est un livre qui, contre mon attente, est sorti de ma plume. Et remarquez que je n'ai considéré que les principes de la dissidence et la manière dont on les propage. A d'autres le soin d'examiner l'influence de la séparation sur nos frères eux-mêmes, et toutes ses conséquences présumables; je n'étais appelé qu'à examiner leurs principes, je me suis donc arrêté à leur porte, et lorsque, la Bible à la main, j'ai eu écrit sur cette porte : Congrégation dissidente, je me suis éloigné sans chercher à pénétrer dans l'édifice. Comme je me suis attaché à convaincre par des autorités bibliques, et non à remuer par des impressions, j'ai jeté le voile de l'amitié et d'une sympathie fraternelle sur certaines ombres du tableau, dont je suis le premier h détourner les yeux en pleurant. Car je n'ai point oublié que je répondais à des frères, que je parlais à des frères, et à des frères que
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j'aime, que j'avoue, et avec qui il me tarde de partager, dans l'éternité, cette félicité du royaume qui nous a été acquise par le sang de notre commun Seigneur et Sauveur. Je n'ai donc pas écrit une phrase que le cœur ne me saignât de devoir entrer dans la lice contre mes frères et mes bien-aimés compagnons de voyage.
0 monde ! quel triomphe pour toi ! ô railleurs du présent siècle, je vois déjà l'amertume du sourire qui se dessine sur vos lèvres moqueuses ! Les rachetés de Jésus-Christ prennent la plume les uns contre les autres ; ils sont partagés en deux camps ! Mais cessez, cessez, ennemis de l'Evangile, de proclamer une victoire que l'enfer vous promet et que le Seigneur vous arrachera, lorsque vous vous croirez sur le point de la remporter. Non, le flambeau de la Parole ne s'éteindra point ; il luira dans la nuit du monde; il luira sur les montagnes, dans les vallées et sous les quatre coins des cieux; l'Evangile éternel sera porté dans la maison du riche, dans la cabane du pauvre, dans la salle du festin, au chevet du mourant, et partout, oui partout et de plus en plus, il sera rendu témoignage à ce Dieu qui fait seul des œuvres magnifiques.
Oh! pourquoi n'ai-je pas été appelé plutôt à écrire directement pour la défense de cet Evangile ? Mais le choix ne m'a pas été laissé, je n'ai pas été un moment en doute sur la vocation qui m'était adressée; quand j'ai voulu poser la plume, une voix intérieure m'a ordonné de la reprendre. J'ai écrit au milieu de circonstances pénibles, et qui m'obligeaient souvent de suspendre mon travail ; j'ai écrit en dépit de plusieurs misères, qui auraient dû me détourner d'une telle entreprise, et qui m'y auraient fait renoncer cent fois, si je n'avais été poussé irrésistiblement à l'achever.
Et vous, mon frère, à qui j'ai dû répondre pour justifier notre chère église du Seigneur, qui ne répond à vos attaques qu'en rendant justice à votre piété, à vos talents, et en déplorant de vous avoir perdu, ne doutez pas de ma sincère affection pour vous. Si, dans tout ce que j'ai dit, quelque chose a pu vous blesser, vous causer quelque peine, je vous prie de me le pardonner ; tel n'a point été mon dessein. Sans expérience dans cet art d'écrire que vous possédez si bien, il m'est arrivé souvent de conduire ma plume avec une irritabilité qui aura pu donner à l'expression de mes pensées une tournure peu en harmonie avec mes vrais sentiments.
Vous tous, chers frères séparés, croyez aussi que je vous porte dans mon cœur, et qu'aucune animosité, aucun esprit hostile ne m'a dirigé. Pour preuve de mon vif amour pour vous, je veux vous donner un conseil que, dans mon peu de foi, je ne voulais point d'abord vous donner, parce que je n'en attendais aucun résultat : l'église gémit de votre re-