‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 147 sur 269 · CHAPITRE H · texte numérisé non relu

CHAPITRE H

Le rapporteur fit d'abord remarquer qu'à l'époque où le mémoire avait été renvoyé à la commission, le rapport de celle-ci pouvait être d'une certaine importance pour les signataires, mais que, dès lors, les événements s'étaient succédé de telle sorte que la plupart des pasteurs n'appartenaient plus à l'église nationale. Le rapport devenait donc une « chose tout à fait inutile. »

Cependant des réclamations s'étant élevées hors du grand conseil et dans son sein, M. Aneth donna d'abord lecture du mémoire même des 207. Il lut ensuite le rapport de la commission. Celle-ci, dans un rapide coup d'œil jeté sur l'histoire ecclésiastique du canton, déjà depuis la loi du 20 mai 1824, approuvait entièrement la conduite du conseil d'état. Elle reconnaissait néanmoins que ces questions étaient délicates, et comme le mémoire des pasteurs était écrit avec une pleine convenance et ne contenait « rien de contraire à la morale et à l'ordre public, » elle proposait, dans sa majorité, le renvoi au conseil d'état. La minorité proposait l'ordre du jour, qui fut adopté. Il n'y eut pas même de discussion.

Chose étrange, et qui peut bien être envisagée comme un signe caractéristique du temps, à peine le grand conseil avaitil passé à l'ordre du jour sur ie mémoire des pasteurs, qu'il accueillait avec toute sorte d'égards la pétition d'un homme aussi peu recommandable que possible. Le sieur François Grise, vendeur de chansons, se plaignait que, dans l'exercice de son industrie, qui consistait à chanter des chansons, surtout des chansons patriotiques, dans les foires et ailleurs, il avait été plus d'une fois entravé par la loi sur le colportage. Il demandait donc au grand conseil une patente cantonale pour la vente de ses chansons patriotiques. Voilà le grave sujet qui devait occuper le corps législatifl Trois membres de la commission demandaient le renvoi de la pétition au conseil d'état, avec recommandation! C'était pourtant trop fort, et le grand conseil se borna à voter le renvoi pur et simple au conseil d'état! Ainsi

un chanteur ambulant pouvait avoir bonne espérance de vendre, quand et où il le voudrait, ses misérables compositions; mais les ministres, jamais ils n'obtiendraient de l'état la liberté de servir Dieu quand et où le Seigneur les y appellerait!

Les pasteurs et ministres qui avaient confirmé l'acte de leur démission, soit indirectement parleur silence, soit directement par une lettre au conseil d'état, venaient de quitter leurs cures. N'était-il pas urgentde prévenir les fidèles des intentions futures de leurs pasteurs, du désir où étaient ceux-ci de continuer leur ministère auprès des premiers et de les voir se grouper autour d'eux pour former des troupeaux qui pussent se constituer en paroisses indépendantes dès que le moment en serait venu? Telle était du moins l'opinion de la commission nommée le 12 novembre. En conséquence et dans cet esprit, elle rédigea une Adresse aux paroisses, qu'elle se proposait d'envoyer aux démissionnaires, en leur laissant toute liberté de la distribuer selon leur prudence. C'était le 9 décembre. Cependant, par égard pour les scrupules de ceux qui espéraient encore un rapprochement avec l'état, l'envoi de cette adresse fut retardé et elle ne parut décidément, imprimée, que le 21 janvier 1846, c'est-à-dire le jour même où le grand conseil discutait la motion Cloux. C'est au milieu des émotions produites dans le pays par ces tristes discussions que l'adresse était appelée à réagir en faveur d'une cause qui paraissait bien perdue. Elle était intitulée : Les pasteurs et les ministres démissionnaires aux membres de leurs paroisses l.

La commission croyait cette adresse nécessaire, d'abord parce qu'elle lui était demandée par un grand nombre de démission-

Six pages in-4, sans date ni signatures.

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