‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 159 sur 269 · chapitre n · texte numérisé non relu

chapitre n

la commission paroissiale, ou conseil, et les charges dont ils sont revêtus. Il peut être intéressant de rappeler ici les noms des membres de celte première commission provisoire dont faisaient partie les quatre pasteurs en fonctions : MM. Bridel, Scholl, Monneronel Espéranclieu, puis dix laïques : MM. F. Manuel, F. Marcel, A. de la Harpe, Noir-Petillet, Calame-Odin, H, Orlolf, WyfAenbach-C happais, Jaquin, Ed. Chavannes eiFaillettaz. Dans la première assemblée générale, qui eut lieu au mois de mars, on adjoignit aux quatre pasteurs, comme suppléants, et aussi longtemps que les circonstances l'exigeraient, MM. Chappuis, professeur, Pache, Berdez et F. Vulliet, pasteurs, dont les services nombreux depuis la démission des pasteurs méritaient toute la reconnaissance des membres de la paroisse.

Si la paroisse libre de Lausanne proclamait sans restriction le principe multitudiniste et retenait la possibilité d'une union de l'église avec l'état, il n'en était pas ainsi de l'église qui, dans le même temps, se formait à Morges, sous l'inspiration et par les soins de M. le ministre L. Burnier.

M. Burnier n'était pas d'un caractère indécis et temporiseur;

11 était bien plutôt de ces impatients dont nous avons parlé plus haut. En voyant les hésitations des démissionnaires du

12 novembre, lui, démissionnaire de 1841, nous ne voudrions pas dire que « son esprit s'aigrissait au dedans de lui, » mais il est certain qu'il trouvait qu'on allait trop lentement. Et comme la position très spéciale qu'il avait prise depuis cinq ans ne l'obligeait pas à attendre ses collègues, il pensa que, pour les engager à marcher, il fallait courir. C'est aussi ce qu'il fit.

Dans les premiers jours de mars, parut une petite brochure

intitulée : Constitution provisoire de l'église évangélique de Morges{, et divisée en trois parties : Principes, Dispositions constitutives et Articles provisionnels. Dans ce manifeste d'une église qui annonçait ainsi son existence, on remarquait, outre une franche adhésion aux doctrines bibliques, les déclarations suivantes :

L'église évangélique ne se met pas sous l'autorité de l'état en matière religieuse. Elle ne reconnaît son autorité qu'en matière civile. Sous ce dernier rapport elle enseigne à ses membres l'entière soumission aux lois et à l'ordre établi. Comme association de citoyens, association dont le but est uniquement religieux, elle réclame d'ailleurs la protection des lois, et se place volontiers sous la surveillance du magistrat.

L'église évangélique ne se met pas davantage sous l'autorité d'un clergé. Tout en reconnaissant comme ministres de la Parole ceux qui ont les qualifications requises, elle ne leur attribue pas à eux seuls le gouvernement de l'église, ni le droit de transmettre une vocation que Dieu seul peut donner, mais qu'il est du devoir de l'église de vérifier et de reconnaître. Ainsi, toute autorité spirituelle dans l'église vient de Dieu, et l'église elle-même en a le dépôt.

On voit, d'après cela, que l'église évangélique de Morges ne voulait être ni une église d'état ni une église-clergé. Plus loin, elle déclarait qu'il ne serait pourvu aux besoins de son culte que par des contributions purement volontaires. La circonscription territoriale qu'elle désirait embrasser comprenait la contrée renfermée entre l'Aubonne et la Venoge jusqu'au Jura. Elle se composerait de 'tous ceux qui, domiciliés dans cette contrée et instruits des doctrines du salut, feraient profession de VEvangile et déclareraient se joindre à elle, eux et leurs enfants en bas âge. Par ce dernier trait, l'église maintenait, d'une manière assez étrange, un multiludinisme que la première condition semblait contredire. L'église de Morges prévoyait en outre la formation de congrégations semblables dans le pays

1 Genève, Ramboz, 4 pag. in-8.

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