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même ou dans des pays différents, et elle se déclarait disposée à s'unir à elles par une sorte de confédération chrétienne. Sur ce point, elle paraissait être plus congrégationaliste que presbytérienne, et nous croyons que ce fut un moment la pensée première de ses fondateurs. Les événements devaient les amener à d'autres vues, ou, du moins, à une autre marche.
La fondation de l'église évangélique de Morges ne laissa pas que d'émouvoir assez vivement la commission primitivement chargée de réorganiser Véglise nationale, et qui, à cette heure, n'en était encore qu'à faire du provisoire.
Par lettre du 11 mars, M. le pasteur Gindroz, président de la commission directrice de la paroisse non officielle de Morges.. avait averti le bureau central qu'une partie de la dite paroisse venait de se constituer à part. Cette nouvelle fut confirmée quelques jours plus tard, par une lettre du 25, signée Burnier, ancien pasteur, Combe, ministre, Em. Mousson, Vallolton-Dappies et A. Humbert. Bien que MM. les pasteurs Gindroz, Leresche et Gaudard ne se fussent pas joints à l'église qui venait de se constituer, celle-ci était avec eux dans de bons termes et se montrait prête à se réunir à eux si cela était possible plus tard.
Le bureau central ayant vu avec peine cette scission, décida d'en écrire dans ce sens aux deux fractions de la paroisse non officielle de Morges, et d'exprimer le vœu que ces fractions en vinssent à se fondre en une seule et unique communauté. Il paraît que M. Burnier fut très ému de la lettre que M. Chappuis adressa sur ce sujet à la jeune église évangélique. Celte lettre était sévère, à en juger, du moins, par la réponse de M. Burnier. L'ancien pasteur de Morges refusait en effet de croire que
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ses frères et lui fussent entrés dans une fausse voie en se constituant en église. Ce qui avait amené cette « disruption dans la disruption, » c'était précisément ce qui avait contraint les pasteurs et ministres à donner leur démission. « On voulait, dit M. Burnier, nous placer sous la férule d'un comité qui ne veut point d'oratoires et qui a tout aussi peur du méthodisme que le conseil d'état. » L'unité consisterait-elle donc dans le maintien de formes contre lesquelles on protestait depuis vingt ans? Ne fallait-il pas profiter de l'affranchissement que Dieu donnait pour réaliser les vœux de la foi et secouer le joug de gens qui, devant M. Burnier et ses frères, avaient déclaré « ne rien vouloir d'une église, qu'il ne s'agissait nullement d'organiser l'église, mais (l'attendre.* .? » Le bureau central avait vu avec regret et douleur la scission qui s'était opérée parmi les chrétiens de Morges détachés de l'église officielle, par le fait de la constitution d'une église distincte. Mais M. Burnier déclarait que la cause réelle de la scission, c'était la condamnation que le comité de la paroisse non officielle avait portée contre le culte libre et la cène libre du groupe qui venait de se former en église. Après tout, de quoi cette église s'était-elle séparée? Ce qui est ne peut pas s'unir à ce qui n'est pas. Or, MM. les pasteurs ex-officiels et leurs adhérents faisaient profession de n'être pas. Du moment qu'ils seraient constitués sur des bases qui faciliteraient l'union, l'église évangélique travaillerait à opérer la fusion. Malheureusement, M. Burnier avait de fortes raisons de croire que beaucoup des membres de la paroisse non officielle ne se souciaient que médiocrement d'une telle fusion, tant il y avait parmi eux de gens étrangers à la vraie piété1.
C'est dans sa séance du 15 avril que la commission générale s'occupa des documents relatifs à la formation de l'église indé-
1 Lettre de M. L. Burnier à M. S. Cliappuis. Morges, 11 avril 1 8 16.