CHAPITRE III
MM. Couvreu, Miéville el Rivier, avec MM. Marcel et Grenier, pasteur, de lui présenter un projet sur les moyens de pourvoir aux besoins matériels de l'église libre. Sans doute, la caisse des pasteurs et ministres démissionnaires était en mesure de faire face aux traitements pendant une année encore, mais il était bien entendu que cette caisse n'était pas proprement celle de l'église libre, et il ne fallait pas attendre le dernier moment pour régulariser les affaires financières de celte église et pour la mettre en état de marcher avec ses propres ressources.
Dans celte même séance, la commission centrale prit enfin une décision très importante. Elle nomma une commission composée de MM. Bauty, Monnard, Leresche, de Morges, Golay, Ed. Chavannes; suppléants : MM. Vulliet et Ghatelanàt, et la chargea de simplifier le projet d'organisation élaboré dans la précédente commission générale, d'en restreindre les proportions, de le mettre en harmonie avec les besoins de l'église actuelle et de présenter son travail à la commission pour être discuté, puis soumis aux conférences et aux conseils de paroisse. On verrait alors s'il ne serait pas convenable, pour l'examen et l'adoption définitive de ce projet, de former une constituante des députés des paroisses. Il faudrait pour cela que les troupeaux existants, quoique petits peut-êlre, s'organisassent aussi promptement que possible. En attendant, les paroisses déjà formées ne devaient pas se lier par une organisation trop arrêtée et par des règlements qui décideraient d'avance les questions ecclésiastiques discutées plus tard en commun1.
Comme on le voit, Yéglise évangéliqxie libre du canton de Vatid existe; elle est là dans ses éléments constitutifs; mais il faut réunir ces éléments, les relier par une constitution presbytérienne. Ce sera la tâche du premier synode.
1 Onzième circulaire de la Commission, etc., juillet 1846.
Le jour même où la commission centrale donnait aux paroisses les renseignements et les directions que nous venons de transcrire, un fait important, capital même, attestait l'existence virtuelle d'une église à laquelle quelques esprits se refusaient encore à croire. Le 8 juillet, une scène bien émouvante se passait dans une maison de campagne, aux portes de Lausanne : trois jeunes gens, trois candidats en théologie y recevaient l'imposition des mains pour le saint ministère dans l'église libre naissante. Mais ceci exige de nous un rapide coup d'œil rétrospectif. Transportons-nous de nouveau au lendemain de la démission.
Dans un chapitre précédent, nous avons vu qu'à celte époque les étudiants en théologie de l'académie de Lausanne furent sollicités d'entrer sans retard au service de l'église nationale. Quelques-uns se laissèrent tenter; la plupart résistèrent. Ces derniers devaient-ils interrompre leurs études et renoncer à la pensée de prêcher un jour l'Evangile dans leur patrie et à leur peuple? Il était à craindre qu'il en fût ainsi. Cependant ils avaient suivi de trop près et avec trop d'intérêt les événements de novembre pour ne pas éprouver le besoin de s'associer, en quelque mesure, à la démarche des pasteurs. Le 8 décembre donc les étudiants en théologie étant assemblés, après avoir délibéré sur la réponse attendue par la commission ecclésiastique, se demandèrent ce qu'ils avaient à faire. L'un d'eux, M. H. G. se leva et demanda que la commission des pasteurs démissionnaires pourvût à la continuation des cours de MM. Chappuis et Yinet, et qu'elle nommât un comité d'examen et de consécration.
Quelques objections furent faites à cette proposition. En gé-