AU GRAND CONSEIL DU CANTON DE VAUD
Monsieur le président et messieurs,
Nous soussignés, pasteurs de l'église nationale, croyons devoir vous exprimer l'inquiétude profonde où nous a plongés la connaissance des mesures proposées au grand conseil dans sa séance du 23 janvier, au sujet des assemblées religieuses en dehors des temples. Nous éprouvons le besoin de déclarer que l'adoption de ces mesures nous semblerait contraire à la tolérance chrétienne, ainsi qu'aux intérêts, au repos et à la prospérité de l'église nationale.
Nous supplions le grand conseil d'attendre des circonstances plus favorables pour faire une loi qui réglerait la position légale des cultes séparés, et de n'adopter aucune mesure qui rendrait plus difficiles les réconciliations religieuses que nous désirons si ardemment.
Veuillez, messieurs, agréer l'expression de notre respect. Le 27 janvier 1847*.
M. G. Monod, individuellement, adressa en outre au grand conseil une lettre où il lui exprimait la profonde douleur que lui avait causée le projet de loi. M. Monod espérait que tout ce qu'il y avait d'honorable dans les pasteurs de l'église nationale se joindrait à lui pour supplier le grand conseil de rejeter ce projet de loi.
Dans les mêmes circonstances, dix citoyens de Vevey faisaient déposer la pétition suivante sur le bureau du grand conseil :
Messieurs,
Dans un moment aussi important que celui où vous allez discuter une loi sur les réunions religieuses non garanties par la constitution, les soussignés éprouvent l'impérieux besoin de venir vous communiquer avec respect et franchise leurs vœux et leur opinion sur ce sujet.
Tout en reconnaissant que dans l'état actuel des esprits et de l'agitation où se trouve le canton, le moment n'est peut-être pas encore venu
4 Voy. l'Ami des affligés (journal fondé et dirigé par M. G. Monod), 1847, N° 23, 31 janvier.