‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 217 sur 269 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

par leur union en un corps que les églises particulières formaient l'église libre du canton de Vaud; mais il est évident que les églises particulières préexistent à l'ensemble, puisque celui-ci ne prend naissance que par leur rapprochement et par leur union volontaire. Sur ce point, VExposé établissait nettement et fermement que l'église est postérieure aux églises, et que c'est dans ces dernières, dans les congrégations ellesmêmes, que doit se trouver le centre de gravité du système. « La nature des choses, les faits et la Parole de Dieu nous appellent également à prendre pour point de départ non une église générale, qu'il s'agirait de diviser en fractions, mais les églises particulières, qu'il s'agit d'unir entre elles pour former un corps; il faut partir de la réalité, non d'un être idéal ou d'une abstraction. »

Les communautés particulières ont le droit d'exister comme églises; en s'unissant, elles ne renoncent pas à toute action propre. Et même, elles ne doivent pas se dépouiller de leur liberté, du moins pour ce qui est essentiel à leur vie; l'organisation doit la sanctionner. « Notre église sera libre, non seulement en ce qu'elle ne sera pas sous le joug de l'état, mais aussi en ce que les églises particulières seront remises en possession des droits qui leur appartiennent, droits qui leur sont nécessairement ravis quand le pouvoir est concentré tout entier entre les mains d'un corps central quel qu'il soit. »

Le sujet de la profession de foi est longuement traité dans VExposé des motifs. Il y avait là, en effet, plusieurs questions à résoudre successivement. La foi des églises était sans doute connue. Il n'y avait donc, il ne pouvait y avoir ni malentendu ni incertitude entre les églises sur la doctrine qu'elles professaient réciproquement.

Cependant, dit YEœposé, il n'a pas paru à la commission que l'église libre pût sousentendre sa foi. Une église, de même qu'un chrétien, doit trouver de la joie à confesser ce qu'elle croit. 11 est naturel qu'elle le fasse au moment où elle se constitue. Je suis et je crois, ou plutôt : je crois et je suis, sont, de la part d'une église, deux affirmations inséparables, immédiatement consécutives; car une église n'est autre chose qu'une communion de croyants. La loyauté, d'ailleurs, la fidélité chrétienne et l'intérêt de l'édification générale semblent exiger cette confession, quand il s'agit d'une foi qui a beaucoup d'ennemis. De plus, quels que soient l'accord et la clarté qui existent sur ce point, il est toujours utile, à une église comme à un chrétien, de se rendre compte de son espérance et de la proclamer : sa position en est plus nette, sa vie en est mieux tracée, ses engagements lui sont plus présents, son action en devient plus directe et plus décisive. Enfin, il faut que ceux qui viennent à elle, ou simplement pour lui appartenir, ou pour la servir dans quelqu'un des emplois qu'elle confère, soient dûment et solennellement avertis, les uns de ce qu'ils ont à attendre, les autres de ce qu'ils auront à faire.

Mais ici se posait une question importante quant au caractère que la nouvelle communauté religieuse entendait revêtir visà-vis du passé el du présent. Devait-on revenir à la confession helvétique, ou exprimer sa foi pour son propre compte, et sous une forme mieux adaptée aux besoins actuels? La commission se décida pour ce dernier parti. Elle estima que toute église digne de ce nom doit faire une confession explicite et formelle de sa foi. Rien de plus naturel que celte confession se fasse à l'époque de l'établissement d'une église caractérisée comme l'église libre par trois faits de première importance : formation de l'église d'après le principe de libre accession; proclamation d'un principe de liberté étranger à la constitution de l'église officielle; participation directe des troupeaux à l'administration de l'église, c'est-à-dire abolition de la fiction traditionnelle qui faisait des fonctionnaires de l'église, l'église elle-même. « Le moment où notre église commence à vivre comme église n'estil pas le moment de proclamer sa foi? Ne rendra-t-elle point témoignage? Lui suffira- t-il, à cette heure, de se référer au

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