‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 219 sur 269 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nisme proposé par le projet. L'art. 5 plaçait nettement l'église libre sur le terrain des églises de multitude, si, du moins, « on entendait par là les églises prêtes à accueillir fraternellement tous ceux qui veulent profiter des secours spirituels qu'elles peuvent fournir, sans soumettre ceux qui viennent frapper à leur porte à un examen de conscience, souvent suivi d'injustes refus, toujours de jugements indiscrets, téméraires et grossiers. » Toutefois, comme une des grandes plaies des églises nationales consiste en ce qu'on en est membre comme on l'est de la société civile, c'est-à-dire sans participation propre, sans adhésion directe, sans acte de libre assentiment et en quelque sorte bon gré mal gré, le projet statuait que « ceux qui veulent entrer dans l'église libre déclarent qu'ils savent bien ce qu'ils demandent, qu'ils ont pris connaissance de sa foi et de ses règles. » Il fallait pouvoir distinguer les membres de l'église des curieux, des visiteurs et des auditeurs temporaires. Il le fallait aussi parce que « la qualité de membre de l'église libre ne se présumerait jamais, que jamais on ne la posséderait que par l'effet d'un libre choix. »

V Exposé des motifs insistait, à propos de l'art. 6 du projet, sur cette vérité que ce les pasteurs ne sont pas l'église, » et que ce serait méconnaître les enseignements de la Parole de Dieu que de dépouiller, à leur profit, l'église elle-même des droits et des privilèges qu'elle lient de son divin fondateur. Chaque église particulière se trouvera donc revêtue, pour ce qui concerne ses propres intérêts, c'est-à-dire essentiellement les intérêts de Christ au milieu d'elle, des pouvoirs qu'aurait l'église universelle, dans une sphère plus vaste, si elle avait un moyen d'exprimer sa volonté. C'était donc aux églises qu'il appartenait de déterminer la mesure dans laquelle elles voulaient user de leurs droits. Il était possible que cette liberté amenât des usages divers et qui ne seraient pas les mêmes dans toutes les églises. Mais « la variété des formes n'est pas, en elle-même, d'une im-

portance capitale, pourvu qu'il y ait de l'unité quant aux choses essentielles. » Le besoin d'unité, qui se manifestait dans les églises, préserverait aussi de l'inconvénient d'une trop grande bigarrure.

Les fonctionnaires de l'église étaient les pasteurs, les anciens, les diacres et les diaconesses. Relativement aux anciens, l'idée de les nommer à vie et de leur donner l'imposition des mains comme aux ministres, avait été émise dans le sein de la commission, mais elle n'avait pas trouvé d'écho. Rien n'obligeait à se départir de la coutume d'après laquelle l'imposition des mains était réservée aux ministres de la Parole. A ces deux égards, du reste, toute liberté devait être laissée aux églises.

Quant à Y élection des pasteurs, « les églises ont un intérêt si majeur et un droit si évident, qu'il convient de toute manière de leur donner la prépondérance dans l'élection. » Telle était la doctrine de la commission, et elle avait été unanime sur cette matière. Cependant il lui avait paru utile que le corps central eût aussi quelque influence, non pas pour gêner la liberté de l'église, mais « pour marquer par un signe de plus l'harmonie et l'unité de l'ensemble. » Le mode d'élection proposé consacrait donc le droit de l'église et répondait aux principes du presbytérianisme.

Le chapitre sur la discipline devait être l'un des plus importants et des plus difficiles. Il y avait lieu à distinguer ici entre la discipline sur les fonctionnaires et la discipline sur les membres de l'église. La première ne devait pas rencontrer d'opposition dans le sein du synode, et le projet établissait une commission spéciale chargée de prononcer dans les cas de nature à emporter la destitution d'un pasteur et d'un ancien.

Mais la crainte des abus auxquels une discipline inquisito-

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