‹ Histoire du movement religieux et ecclésiastique dans le canton de Vaud (volume 4)Chapitre 220 sur 269 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

riale peut conduire ne provoquerait-elle pas quelque opposition à l'établissement de la discipline en général! Cependant, la question examinée en elle-même et d'après la Parole de Dieu ne pouvait être résolue de deux manières. La commission proposait donc la radiation des pécheurs scandaleux, mais non point l'excommunication proprement dite, c'est-à-dire l'exclusion de la cène, préférant ainsi une discipline timide à une discipline téméraire et impitoyable. « Que la discipline, ainsi s'exprimait Y Exposé, consiste essentiellement en conseils, en remontrances, en répréhensions, en exhortations, qu'elle s'exerce par la Parole de Dieu, qu'elle réserve toujours au Seigneur ce qui n'appartient qu'à lui, que, même dans la sphère où elle peut se mouvoir, elle n'agisse qu'avec tous les ménagements de l'humilité et de la charité chrétiennes, et qu'elle ne prétende jamais pouvoir affirmer avec certitude qu'un homme est absolument séparé de la communion de Dieu, c'est là ce que nous désirons. »

Cependant « l'église n'est pas sans reproche si elle souffre dans son sein des scandales permanents; on lui en impute avec quelque justice la responsabilité, car il ne s'agit pas ici de juger les consciences, ni de prononcer dans des cas douteux, il s'agit de faits positifs, contre lesquels le sentiment moral, et combien plus encore le sentiment chrétien, se révolte et qui excitent une réprobation universelle. » Il ne reste donc à l'église qu'à retrancher du nombre de ses membres celui qui, après que tous les avertissements et tous les délais de la patience ont été épuisés auprès de lui, persiste ouvertement dans le mal. Elle n'entend nullement prononcer par là, d'une manière positive et absolue, sur l'état d'un tel pécheur devant Dieu; elle veut seulement témoigner qu'elle condamne et abhorre le mal auquel il se livre, et qu'elle ne veut y participer ni directement ni indirectement.

Telles étaient les vues qui avaient guidé la, commission du

10 novembre dans la rédaction de son projet de constitution, et tels étaient les principes pleins d'élévation et de sagesse qui l'avaient dirigée dans son travail. La Béformalion au XIXe siècle exprimait certainement l'impression que beaucoup avaient éprouvée lorsque, dans un article intitulé : Constitution de l'église libre du canton de Y and, ce journal écrivait : « Nous ne saurions dire quel sentiment d'admiration et, il faut bien le dire, de surprise nous a laissé la lecture du travail de la commission. Jamais, nous le croyons, on n'a rédigé un plan d'organisation ecclésiastique avec plus de maturité dans les vues, plus de simplicité et de franchise dans les principes, plus de bonheur et d'harmonie dans les dispositions, plus de mesure, et cependant de fermeté, dans les innovations. Quant à la rédaction, elle n'est pas moins remarquable par sa clarté et son accent biblique. L'Exposé des motifs est un résumé mémorable des principes qui doivent présider à la formation d'une église dans notre siècle de renouvellement, et sous ce rapport il devra être consulté avec respect partout où le XIXe siècle reconnaîtra ses devoirs aussi bien que ses droits, et ne voudra pas se faire le simple continuateur du XVIe1. » Nous allons voir comment le projet Chappuis-Vinet fut reçu par le synode.

Le mardi 23 février 1847, le synode reprit donc le cours de ses séances interrompu depuis près de quatre mois. Sauf la détermination d'un règlement intérieur, les deux séances de la première journée furent employées à la discussion de l'art. 1er du projet. Cet article était fort important en ce qu'il faisait prévaloir les congrégations individuelles sur l'ensemble, les églises

1 La Réformation, etc., 1847, N° 9, 4 mars. Voy. également, dans le N° 10, 11 mars, le morceau intitulé : Des confessions de foi.

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